*  Nous dirons des "non-sages" dans l'iconoclastie espérée des modes de pensée dominants, car n'étant investis d'aucun pouvoir concrêt, ils n'auraient rien à prouver concrêtement, mais se devraient de pointer du doigt l'irrationnalité politique lorsqu'elle dérape.

 A la fin de notre article sur les folies et absurdités religieuses (tout en bas de page), nous avions constaté que la politique fonctionnait sur une phénoménologie de type "religieuse"... Et que la laïcité, en tant qu'épiphénomène religieux également, ne pouvait totalement trancher la question de la séparation entre le profane concrêt en politique d'une part, des valeurs sociétales irrationnelles carrément consacrées par chaque clan politique d'autre part.

 Nous avions donc préconisé de mettre en place une sorte de "psychanalyse" collective chargée d'exumer indépendamment cet aspect des choses par la mise en place d'un conseil de (non)-sages * charger d'analyser cet aspect "sacral" irrationnel de la politique.

 La question primordiale reste la composition de cette instance, ses prérogatives, ses limites, sa mise en place et ses moyens.

I. Ses objectifs

 Analyser et retoquer ce qui relève du sacré dans l'irrationnel collectif en politique auprès de l'opinion. Ceci dit, la pertinence et la compréhension de l'analyse se devront d'être assez limpides pour avoir un impact sur cette opinion, tant le sujet est relatif en la question. Aussi il est fort probable qu'un certain nombre d'analyses risquent d'être assez déroutantes pour les "profanes", qui pourront les rejeter violemment au départ. Mais à force de ressasser, certaines analyses se feront plus évidentes au fil du temps, tant les "profanes" risquent à terme se les réapproprier, voir même les anticiper par la suite. 

 Et par là permettre à l'opinion de faire la différence entre pragmatisme politique et vision plus idéologiquement irrationnelle. Par là donc, inciter le politique à ne pas trop déraper dans cet irrationnel émotionnel collectif en risquant de se faire rappeler à l'ordre idéologiquement.

 Si on devait grossièrement décrire son rôle sociologique, on dirait que ce conseil aurait le pouvoir moral d'un shaman, mais n'aurait aucun pouvoir terrestre dévolu au chef de clan (politique majoritaire ici). Bon c'est très schématique ici : Pas de panique.

N.B. : Pas de panique non plus sur le terme "Psychanalyse du collectif". Certes l'apport de quelques psychanalystes dans la dynamique parait indispensable, mais il ne pourrait être central. ce ne serait qu'un éclairage parmi d'autres, et si nous parlons de psychanalyse ici ce n'est qu'une pure figure analogique sur une auto analyse sociétale par l'entremise de représentants de la société en présence de spécialistes du décryptage de celle-ci, à priori plus sociologues que psy., et d'autres spécialités.

Aussi définir ce qui relèverait de l'idéologie, ne l'invalide pas forcément : Le social ne se revitalise ainsi que par cela, mais au moins savoir ce qui relève de l'irrationnel collectif de ce qui l'est moins permet simplement de prendre un certain recul, et de ne pas tout prendre pour argent comptant au même titre.

 Donnons un exemple pour être plus explicite sur les objectifs. Lorsque Mr Sarkosy lance une polémique sur les drapeaux français et syndicaux du 1er mai , des sociologues seraient ansi à même d'informer l'opinion sur ce que représente un totem (les drapeaux). Ils pourraent faire valoir que le drapeau français est le totem de tous les français et non celui d'un parti politique (FN, ou UMP). Que chaque parti politique porte des valeurs bien plus spécifiques au niveau des ses valeurs sociales et économiques, que cette appropriation est donc indue : l'UMP et le FN ont leur propre logo, bleu blanc rouge mais pas le drapeau français. . Ainsi le vrai totem de l'UMP c'est le libéralisme vaguement social, que par ailleurs, Mr Sarkosy n'hésite pas à brandir le modèle économique totémique allemand à l'occasion. Les étendards syndicaux ne sont que les représentations des valeurs spécifiques de ces syndicats et il est normal qu'ils le brandissent. Ces valeurs n'étant d'ailleurs qu'une déclinaison particulière du totem français "Liberté Egalité, Fraternité" sous la forme d'une justice sociale plus égalitaire, donc plus fraternelle, sur fond de liberté d'expression.

 Une telle analyse formulée de façon réccurente sur les manipulations idéologiques obligerait à terme les politiques à tourner leur langue sept fois dans leur bouche avant de tenter une O.P.A. malveillante sur l'opinion publique.

 A la limite l'analyse pourrait se faire plus iconoclaste. Par exemple Mr Sarkosy était conseillé par des sociologues sur la question, c'est évident. Le problème étant que la sociologie étudie plutôt les dérives idéologiques irrationnelles pour mieux les démonter, alors que les conseillers de Mr Sarkosy se servait de ces shémas non pour les combattre mais pour s'en servir à manipuler l'irrationnel collectif à son profit. Voir même il se réappropriait les totems du FN, des chrétiens, et bien d'autres sans y croire lui même par pur clientèlisme électoral.

 Bref, ce conseil des (non)-sages * devrait obliger les politiques à recentrer leur idéologie sur leurs véritables totems plutôt que de jouer sur la manipulation de masse en pillant les totems des autres auquels ils ne croient pas.

II. Sa mise en place

 Nous avons vu qu'une telle instance ne pouvait venir de la société civile, par exemple des média faisant bien souvent leur chiffre d'affaire sur l'irrationnel émotif du public, ne pouvant ainsi avoir suffisamment de recul.

 Par ailleurs le politique ne peut s'en charger lui même, car évidemment trop impliqué... mais par contre pourrait mettre en place une instance indépendante, et ferait oeuvre de salubrité publique à le faire.

 Néanmoins, la question de son indépendance reste entière. D'abord il est impossible de la concevoir entièrement indépendante, tant parler d'idéologie irrationnelle touche en soi à sa propre irrationnalité, et donc à son implication même idéologique.

 Mais il est possible d'envisager un certain nombre de pare feux.

I bis. Fonction première 

 Décryptage social des cotés théocratiques politiciens donc, où il s'agit de faire la part du sacré irrationnel, du pragmatique profane.

 Il faut en cela mettre en place en son sein un dialogue entre

  • Tenants des idéologies politiques d'un coté.
  • Spécialistes du décryptage social et de la pensée de l'autre.
  • Voir aussi des spécialistes des aspects concrêts tant économiques que scientifiques. Par exemple un scientifique sera mieux à même qu'un politicien "vert" de dire ce qui est de l'ordre du rationnel en écologie. Donc par défaut, définir le concrêt scientifique permet d'avancer que le reste ne serait qu'idéologie à priori...

 Arrêtons nous un instant sur la psycho-sociologie à voir > ICI <

III. Sa composition

1. Les représentants des spécialistes en sciences et sciences humaines.

seraient désignés par leurs pairs dument diplomés suivant des quotas (à définir) par spécialités.

  • Psycho-sociologues : le gros des troupes, mais pas trop - voir point suivant, sociologues adoubés par l'assemblée qui en rajoutera - : à priori ce sont les spécialistes les plus pertinents concernant le sujet
  • Psychanalystes (pas forcément diplomés mais inscrits aux écoles de psychanalyses)
  • Philosophes : L'objet de la philosophie est de repenser la pensée elle même, et donc de décrypter les modes de pensée tronqués et erronés.
  • Anthropologues - Ethnologues - Ethologues - historiens - juristes - économistes et autres sciences du vivant
  • Scientifiques des sciences de la matières

Où l'on verra dans les batailles d'influences entre les courants que la question de la neutralité idéologique scientifique fait aussi rage chez eux (car la science est aussi une religion parfois !). Ceci dit, si les grands électeurs se devront d'avoir pignon sur rue, leurs représentants pourront ne pas être diplômés, ou pas spécialement reconnus, si les scientifiques et autres philosophes jugent leur pensée adéquate et plus explicite que la leur, dans la vulgarisation.

2. Des sociologues diplomés eux, mais désignés par tous les groupes parlementaires de l'assemblée nationale sur la base de consensus sur leur neutralité.

Ne rêvons pas, ça se jouera plutôt sur des marchandages du style "Nous admettons un-tel, en contrepartie de tel autre". A mi-chemin entre spécialiste et engagé politique donc.

3. Des représentants plus "politiques" élus par le peuple, à la proportionnelle intégrale, et pas forcément diplômés ni inscrits à un parti, pour rééquilibrer les tractations politicardes précédentes qui pourraient être vécues comme évinçant les préoccupations éthiques, ou non, des électeurs.

On notera que la représentation politique y sera sans doute totalement bouleversée. Ces élus n'ayant aucune responsabilité concrète seront plus élus pour ce qu'ils ont à dire sur leur vision sociale que sur leur capacité à gérer le concret. Les extrêmes risquent de s'y voir renforcés, voir des courants religieux, philosophiques, économiques ou parfaitement marginaux.

Il est évident que ce troisième tiers ne sera pas tant ici pour produire une analyse pertinente que pour asticoter la doctitude ambiante sur les attentes parfaitement idéologiques émotive et irrationnelles du peuple.

IV. Moyens et comptes rendus des travaux

  • Le conseil des (non)-sages * pourrait se saisir de n'importe quel sujet de société débattu dans les média et sphères politiques, en formant des commissions pour ce faire.
  • Toute commission pourrait publier le compte rendu de ses conclusions, mais devrait y adjoindre obligatoirement les travaux de toute autre contre commission sur le sujet (z'auront intérêt à être le plus pertinent et convainquant possibles, et à répondre aux contre analyses)
  • Une chaine du style "chaine parlementaire" leur serait entièrement dévolue pour atteindre le public. La chaine parlementaire traiterait ainsi des actions concrêtes politiques, alors que la chaine des (non)-sages traiterait de l'analyse des faits sociaux d'un point de vue purement idéologique. Le temps imparti à chaque intervention serait dévolu à la taille des commissions constituées. Une commission formée de deux clampins se verrait attribué ainsi 3 mn d'audience, et si une contre commission comporte 20 intervenants elle pourra répondre en 30 mn (temps purement fictifs ici)

Il est évident que leur influence sur la vie politique serait fonction de la pertinence et la conviction que leurs analyses emporteraient, car les politiques n'auront aucune obligation d'en tenir compte. Néanmoins si cette pertinence se faisait jour, nul doute que leur influence se fasse grande, ce d'autant que son autorité purement morale alors s'imposerait idéologiquement dans les média indépendants.

 





 

 Laïcité : Une impasse sociologique ?

 D'abord précisons que la Laïcité est éminemment nécessaire dans nos sociétés modernes.

 Néanmoins les valeurs qu'elle sous-tend sont extrèmement paradoxales sociologiquement.

En quoi ?

 Si nous nous en référons aux canons sociologiques tout groupement humain repose sur une sacralisation de ses valeurs en tant que ciment social. Le totem "Laïc" repose donc sur une phénoménologie de type religieuse.

 En gros la laïcité est une sorte de religion. Une religion qui impose aux religions de ne point intervenir en politique autrement que par voie démocratique ?!? Paradoxal n'est-il pas ?

 Par ailleurs, les partis politiques répondent eux même à une phénoménologie religieuse, mais sont adoubés par la laïcité, contrairement aux religions officiellement reconnues par ailleurs.

 Comment sortir du dilemme ?

 En fait la laïcité n'est qu'un sous totem d'une autre religion : La démocratie.

 Il n'est pas interdit à une congrégation de former parti politique et de se présenter aux élections. Mais son influence doit se cantonner à cette seule sphère en politique.

 En sorte la démocratie se révèle être une religion de type supérieur sociologiquement.

 Par définition, une religion n'est que le totem du groupe humain qu'il représente. De fait, les religions ne représentent que les groupements humains qui les adoubent, et leurs précepts ne s'imposent qu'à ceux qui les reconnaissent pour leurs, et ne peut s'imposer aux autres.

 La démocratie s'est imposée devant la nécessité, reconnue peu ou prou par la plupart, d'éviter les guerres de religons (compris au nom de valeurs laïques). Ainsi plutôt que de s'entretuer pour savoir qui est le plus fort, il fut décidé de se compter, en quelque sorte, pour savoir pacifiquement qui était le plus fort. Accessoirement, la démocratie s'est surtout imposée dans l'alternance politique, où un clan majoritaire à un moment avait intérêt à ménager les clans adverses dans la perspective d'un renversement de majorité qui les mettrait sous le coup d'une politique revancharde.

 Plus que la loi du plus fort, la démocratie adoube donc surtout la loi des plus tolérants dans les faits : Les électeurs se méfient avant tout d'un groupement qui empièterait sur leur liberté de changer d'avis à terme.

 D'où la démocratie est une religion qui rassemble le plus d'ouailles, comparés aux partis politiques et autres congrégations, et s'impose donc comme valeur morale supérieure, en tant que groupement rassemblant au dela de ces derniers.

  N.B. : dans les sociétés modernes la foi (compris laïque) peut s'esprimer concommitamment dans plusieurs groupements moraux quasi religieux : On peut être chrétien et socialiste, ou chrétien et libéral par exemple, mais surtout chrétien et démocrate.

D'où la démocratie et son pare-feu laïc sont donc indispensables à une vie publique relativement appaisée.

 Un autre éccueil de la laïcité viens de sa prétention à vouloir séparer le sacré spirituel et intime du prosaïsme politique collectif purement concrêt, donc profane à priori. Or, il est évident que les politiques reposent aussi sur des valeurs morales quasi consacrées. Et comment se ferait-il autrement dans des communautés humaines qui par définition reposent sur des phénoménologies quasi religieuses ?

 Or précisément, c'est la confusion entre profane et sacré qui engendre les pires désordres sociaux suicidaires. Et la laïcité telle que proposée se révèle incapable de proposer une distinction entre ces deux pôles, rédhibitoirement insolubles l'un dans l'autre en toute communauté humaine qui prétend vouloir raisonnablement perdurer.

 Les sociétés primitives avaient tablé sur la séparation entre profane et sacré en divisant la société en clans religieux distincts, où ce qui était sacré pour l'un était profane pour l'autre et réciproquement de façon quasi étanche. Rien ne pouvait être sacré en même temps pour deux clans différents. Mais on voit bien dans les cultes politiques que la séparation des valeurs sacrées est loin d'être étanche. Les "sociaux" admettent une part des valeurs économiques du camp adverse, et les libéraux admettent certaines valeurs sociales des sociaux. D'où le risque d'implosion sociale par les tentatives de pillages des valeurs sacrées du clan adverse : un quasi sacrilège.

 D'où la proposition du conseil des (non)-sages * , qui s'occuperait le terrain de l'analyse des valeurs sociétales sacralisés et donc irrationnelles, retoquant les politiques pragmatiques qui s'y aventureraient trop émotionnellement, les enjoignant ainsi à rester plus terre à terre, c'est à dire plus profanes.

 Alors certes cela n'erradiquera pas l'investissement de valeurs irrationnelles quasi spirituelles en politique, mais cela leur permettra de ne point s'enflammer outre mesure sur la question. La séparation profane-sacré ne serait pas si étanche, mais du moins serait-elle limitée à une très relative nécessité, en limitant les dérappages outranciers.

 

V perdu ? la carte aux trésors :. . . . . . . . . . . . . . . . . . . Râmen.

carte4



.