(Vous trouverez ci-joint la version courte du rituel d'Exorcisme  de l'obscurantisme religieux)

Les origines

Combattre folies et absurdités religieuses est un concept flou, difficile à définir précisément. Fou_du_roiAinsi certains athées considèrent que le simple fait de croire est une absurdité, voire une folie en soi.

Comment les définir donc rationnellement sans tomber dans l'excès sectaire ?

Nous avons vu sur la page "le pastafarisme est-il de nature religieuse ?" comment la sociologie définissait la religion.

Le Monstre est chafouin et inconséquemment ivrogne, nous le savons, et il a créé un tas de cultes bizarroïdes, dont la portée nous échappe. Voyons donc comment IL nous en a transmis une connaissance pataphysique à travers son Touché Nouillu scientifique dans les travaux sociologiques :

Bref rappel et préambule : (passez à l'écriture bleue si vous connaissez Durkheim)

  • La religion est la manifestation, par l'édification d'un totem identifiant le groupeStandford, de la volonté de ce groupe à vouloir exister et se péréniser. C'est La figure métaphorique de l'âme du groupe et des individus qui le composent, de la puissance supérieure que les valeurs morales (voire amorales) du groupe exercent sur les individualités.
  • En cela, la définition du religieux dépasse une conception étriquée du religieux limité aux seules religions "officiellement" reconues comme telles. La science, l'athéisme, la démocratie, le sécularisme, et tout mouvement social formant des totems identifiant (la raison, la tolérance par exemples) fonctionnent exactement sur le même modèle que les religions officielles, tant dans leur genèse que dans leur pérénisation. *
  • En résulte qu'une religion symbolise le groupe qui se définit par son totem, et surtout qu'il y a une hiérarchie entre les religions (y compris séculières comme l'athéisme).

En effet, les totems des luthériens, calvinistes, mormons, anglicans, catholiques, juifs, musulmans, athées, bouddhistes, etc. ne représentent que leur communauté.

Par contre, des religions telles que les séccularisme, démocratie, science, humanismepirate_flag_at_conference etc. regroupent sous leur autorité et valeurs morales toutes ces communautés réunies. En ce sens ce sont des religions de valeur supérieure, du fait que leurs valeurs s'imposent à toutes les autres communautés. Les tabous et obligations des premières ne s'imposent qu' à leur communauté restreinte, alors que ceux des secondes s'imposent à tous.

On renverra donc dos à dos athées et croyants dans leurs prétentions à vouloir imposer leurs valeurs à tous en s'appropriant les sécularisme et science à leur profit. Les athées et croyants n'ont pas à se prévaloir de la science pour imposer leurs vues aux autres. La science ne peut ni confirmer, ni infirmer formellement la réalité de dieu... D'ailleurs la science sociologique donnerait plutôt raison à moitié aux croyants sur ce point : Si dieu ne serait que la représentation métaphorique du groupe qui le vénère, dieu existe bien en tant que métaphore réelle et concrête de cette communauté, néanmoins à ce niveau à minima,

Deux exemples :

  • Les athées ayant pour totem la raison peuvent prétendre que ce totem étant commun à tous, ceci leur confèrerait une prééminence supérieure aux autres cultes. Mais non, sociologiquement leurs valeurs a-théistes ne s'impose qu'à leur communauté restreinte. Car nombre croyants pensent toujours pouvoir concilier raison et foi. Tout juste les athées peuvent-ils prétendre, et seulement prétendre, que leurs valeurs sont plus solides que les alternatives cultuelles, et finiront par s'imposer à terme.
  • Les pastafariens ont pour totem le sécularisme (laïcité) , mais même si ce totem est commun à tous, tous n'adhèrent pas au pastafarisme qui reste donc une communauté restreinte, soumis à la tolérance commune inter-communauté du sécularisme, qu'ils reconnaissent d'ailleurs.

Notons aussi un certain nombre de cultes "trans-cultuels" tels que sports et autres pirate_bandactivités culturelles, dont les adeptes peuvent aussi être de n'importe quelle autre religion, sensibilité politique ou philosophique. Ces cultes relèvent plus de la sensibilité que de l'intellect, et se focalisent plus sur le rapport de l'individu avec son besoin grégaire animiste, son rapport avec une âme collective insaisissable. Ces cultes forment donc passerelles entre les différents cultes "raisonnés" et structurés intellectuellement, et surtout intérrogent la prégnance de l'intellect dans la "foi collective" en mettant en avant le coté passionnel de cette dernière : Même dans les cultes les plus rationnels il y a une dimention passionnelle, et ces cultes permettent d'explorer cette dimention en la débarrassant de toute idée de rationnalisation préalable. Ces cultes sont d'ailleurs souvent insaisissables dans le caractère éphémère, mais néanmoins nécessaire, de certains.

Ces derniers ne s'incrivent pas tant dans une hiérarchie cultuelle en terme de catégories de population y adhérant, mais en tant qu'agent trans-cultuel indistinct interrogeant la nature même du rapport aux cultes débarrasés de leur rationnalisation en terme de catégorisation (néanmoins faite ici). C'en font d'ailleurs les cultes les plus appréciés du Monstre qui se marre bien à l'occasion.

* Nota Bene : pourquoi donc cette conception sociologique de la religion, incluant les communautés de type séculiers comme religions, ne s'impose-t-elle donc pas dans l'opinion publique ?

Car soyons clairs, Durkheim et ses suivants ont bien démontré que ces phénomènes sociaux "séculiers" étaient bien catégorisables en religion par leurs phénoménologies.

Tout simplement parce que les religions "officielles" ne tiennent absolument pas à seanti_FSM voir rabaisser au niveau de simple phénomène social, et leur prégnance sur le social leur permet d'imposer leurs anciennes conceptions de la religion. De même les rationalistes et autres scientifiques (quoi que pour certains de ces derniers ?) ne tiennent pas plus à se voir assimiler à des mouvements sociaux archaïques, à leurs yeux, et ont tout autant de poids social pour barrer la route à cette généralisation conceptuelle. De plus ça les placeraient directement en concurence religieuse avec les religions officielles alors que cela les détrôneraient d'un certain élitisme sur les religions, sauf à considérer que certaines soient des religions d'ordre supérieur.

Comment imager cet aspect : Dans le totémisme australien et amérindien il y a des animaux consacrés en totém, sacrés, mais pour autant ils ne sont sacrés que pour chaque clan, restant vulgaires pour les autres clans. Chaque totem animalier a donc des valeurs a la fois sacrées et vulgaires pour la tribu toute entière comprenant tous les clans.

Vouloir dire qu'un animal ne peut être catégorisé comme animal parce qu'il est consacré par tel ou tel clan est une hérésie scientifique, car un animal reste scientifiquement un animal pour le biologiste quelque soit la valeur sacrée que lui impute idéologiquement tel ou tel groupe.

De même dire qu'une religion "séculière" ne peut être classée dans la même catégorie que les religions "officielles" parce qu'elle serait "vulgaire", alors que la science lui confère la même phénoménologie qu'à ces religions "officielles", participe de la même étroitesse d'esprit, fort peu Nouillue.





Entrons dans le vif du sujet :

 N.B. : Les analyses qui vont suivre sont toutes basées sur une analyse sociologique de ce qu'est le sacré et comment il fonctionne. Ces fonctionnements ont bien souvent été mis en lumière en analysant les sociétés "primitives", basées sur le totémisme en particulier. Si nous reprenons ces analyses c'est pour mieux comprendre les dérives cultuelles à partir de leur raison d'être initiale, puisée donc dans leur enracinement le plus primitivement dépouillé de "rationalisations" ultérieures. Dire qu'il y a déviance par rapport à la nécessité initiale révélée par les sociétés primitives, ce n'est pas prôner un retour à la primitivité : Il y a mise à mort parfois si on abîme un objet totémique consacré, c'est une folie aussi . . . Nous ne sommes donc pas dans l'angélisme "primitif".

 La sociologie a démonté les mécanismes du sacré primitif non pour l'ensenser, mais pour le comprendre et surtout nous comprendre nous même. Aussi ce qu'en ont déduit les sociologues, n'est pas ce que ces "primitifs" en disaient "rationnellement", mais ce que leurs analyses en révèlait de sens caché, en terme de fonction sociale dont ces "primitifs" n'avait aucune idée à priori.

 Ainsi si ces "primitifs" eussent su les raisons profondes de leur rites, ils ne les auraient sans doute pas pratiqué ainsi. Il ne s'agit donc pas tant de prôner un retour à une primitivité "magique" due à son inconscience, mais au contraire d'éclairer notre propre inconscience envers les processus mystiques qui nous animent, leurs raisons d'être intrinsèques, et les dérives idéologiques qui découlent des rationnalisations de ces processus inconscients.        Ramen.

Origine de la paranoïa religieuse.

Et ces conceptions paranoïdes s'imposent à toutes les religions, y compris laïques.

Dans le totémisme australien, dans le clan du totem du kangourou, les membres du clan se considèrent comme habités par l'âme du kangourou qu'ils vénèrent. Mais pour être des kangourous et régénérer kangourou_1leur âme kangourou en tant que telle, il leur faut sacrifier un animal régulièrement pour l'ingérer ensemble et réintrojecter ainsi cette âme en eux collectivement.

Problème : Tuer leur animal fétiche est tabou... Aie !

Il faut donc que des membres d'autres clans, non soumis à ce tabou le tue pour eux et leur offre en pitance, à charge de revanche. En somme le polythéisme australien offre un un échange de bons procédés réciproques à chaque groupe cultuel, et cela est admis comme tel.

Dans les cultes "officiels" modernes, les cultes se pratiquent sous forme de pensée unique, excluant de toute autre religion - même si des schismes peuvent apparaître entre diverses communautés du même groupe, les chrétiens se vivent néanmoins comme globalement chrétiens, et les musulmans comme globalement musulmans, soumis aux même tabous fondamentaux donc - .

Les tabous essentiels restent donc tabous pour tous, et la transgression du tabou, fusse par un autre culte, y est vécu comme une vilenie en soi.

Prenons le christ en exemple. Sans son sacrifice initial son culte n'aurait pu se développerChrist_Crucifixion : C'est le point central du développement du culte. En même temps, il était tabou pour les premiers chrétiens d'immoler leur propre représentation de dieu, quoique Judas, "le traître", y ait participé. Il fallut donc bien le concours des impies juifs et romains pour mener à bien cette basse besogne pour que le culte prenne naissance et se perpétue.

Sauf que cette transgression du tabou par les autres clans, qui est considérée comme allant de soi, et nécessaire, chez les australiens, est vécu comme une vilenie par les cultes modernes. Le concours des impies y est donc vécu de façon paranoïaque : L'autre, l'étranger au culte y est affublé du rôle du méchant, plutôt que de celui d'assistant normal et nécessaire.

La responsabilité de la communauté, qui appelle de ces voeux cette participation exogène à la fondation du culte, est en sorte déniée dans sa légitime nécessité en diabolisant cette nécessité intrinsèque en faute externe au groupe. En ce sens le judaïsme, dans le mythe sacrificel du fils d'Abraham transmuté métaphoriquement en sacrifice d'un mouton, assume cette responsabilité nécessaire au culte.

Ce qu'oubient les religions modernes, c'est donc le coté métaphorique du rôle du méchant, qui devrait donc être traité à la façon d'une mise en scène théatralisée, plus qu'à prendre au pied de la lettre.

La lecture dogmatique du rôle du méchant est donc la première perversion du sens profond de la nécessité sacrificielle exogène par les clans étrangers. Au fond, l'étranger cultuel est nécessaire à la ritualisation du culte, donc le polythéisme est en soi nécessaire en celà, et sans diabolisation outrancière des autres cultes.

Cette négation du rôle positif de la transgression exogène du tabou (qui n'en est pas une puisque exogène) en la diabolisant sclérose le collectif par son coté paranoïaque. Et bien évidemment cette sclérose est attribuée non à cette négation, mais au rôle maléfique de l'autre initiant ainsi un cercle vicieux mortifère, car paranoïaque.

Un culte mortifère : Le patriotisme

Les conséquences mortifères de cette négation se trouve parfaitement illustrées par le culte patriotique des nations en Europe, qui trouva sa conclusion logique dans le suicide collectif européen perpétré lors des deux premières guerres mondiales.Alsace

La cohésion des nations s'y est ainsi bâtie sur l'idée que le méchant c'était l'étranger qu'il faut combattre. Pour créer cette cohésion face aux dissensions internes dues à la négation de la responsabilité sacrifficielle, le parti pris systématique y fut de se trouver des menaces externes à combattre.

Deux exemples :

La France républicaine assuma ses dissensions internes avec brio, mais de façon un tantinet exacerbée. Elles ne fit donc que répondre aux agressions des autres nations patriotes. Les visées expantionistes en Europe ne furent l'objet que de ses empereurs, pas des républicains. Ceci dit il est difficille de ne pas sombrer dans la folie collective quand elle survient, et la France ne fut pas la dernière en matière de patriotisme.

L'allemagne, morcelée au départ, et profondément divisée entre catholiques au sud et protestants au nord, ne batit son unité que sur un patriotisme exacerbé occultant ainsi ses dissentions internes.

Un culte plutôt réussi : La démocratie.

En démocratie, différents clans politiques s'affrontent.

Il est plutôt tabou de critiquer les valeurs essentielles de son propre camp : son totem en sorte.

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Par contre les camps adverses, non soumis au même tabou, tentent par tous les moyens
d'abattre son idéologie, ses totems en somme. Ce faisant le tabou ainsi brisé permet au clan attaqué, non seulement de défendre son totem en réaffirmant les valeurs afférentes à son totem, mais aussi à la marge de "digérer" par ingestion du totem ainsi abattu les critiques pertinentes des camps adverses, amenant une revitalisation par actualisation de ses propres valeurs qui perdraient de leur vigueur si d'autres ne l'avaient tué en l'égratignant de leurs critiques.

La communion digestive n'est possible que par la mort du totem opérée par le clan adverse. Et, de fait, c'est la tribu démocratique dans son ensemble qui se trouve globalement revitalisée, par la vigueur générés par ces mises à mort rituelles respectives des totems de chaque clan.

En fait, chaque totem a besoin d'être tué régulièrement, et alternativement, pour renaître chacun de ses cendres tel le phoenix. C'est pouquoi la démocratie est condamnée à l'alternance politique, et l'on voit bien combien une démocratie telle que la Russie se sclérose dans le népotisme de parti par le manque d'alternance.

Voyons ceci sous un autre angle.

Le culte du renouveau de la nature

Les aborigènes australiens célèbrent la revitalisation de la nature à la saison des pluies, nous c'est à Pâques ou à Noël (Pâques au printemps et Noël est la fête du ralongement des journées).

Mais à y regarder de plus près, c'est d'une autre revitalisation dont il est question. En même temps les cérémonies ritualisent la communion du clan qui se revitalisent en ingérant son totem, et y associent également les rituels initiatiques des jeunes générations : Qui eux marquent la revitalisation du clan par l'apport de "sang neuf" en son sein. En sorte le culte de la revitalisation de la nature n'est que la métaphore du culte porté à lui-même dans ses valeurs régénératrices du groupe.

Mais on peut aussi dire que si la saison des pluies marque le renouveau de la nature, c'est bien par rapport à un autre élément qui est son dépérissement durant la saison sèche : Qui symbolise le dépérissement du groupe par déperdition de foi en la collectivité.

Toujours la même symbolique : le totem doit dépérir pour renaître de ces cendres, soit bien Phoenixmourir pour être ainsi offert à la communion du clan (manger de l'animal totem est sensé avoir des vertus régénératrice sur la population de l'animal totem, et les-dits animaux prospèrent effectivement à l'arrivée de la saison des pluies, ça tombe bien CQFD).

La saison sèche est donc tout aussi essentielle au culte que l'arrivée de la saison des pluies. Si elle n'existait pas il faudrait l'inventer. Et c'est ce qu'il se fait dans l'instauration des rites du carême ou du ramadan, les mythes de traversée du désert, du déluge par exemples, ou sous diverses formes dans les oppositions des forces du bien (régénérant) et du mal (délitant le lien social : Démons vs dieux), ying et yang, les cycles de vies et de morts (mariages naissances initiations décés), de l'alternance politique, etc..

De fait la saison sèche représente le dépérissement du totem, c'est à dire le groupe ; la symbolique extrème de cet assèchement est la mort. Mort que l'on retrouve dans les rituels sacrificiels (Jésus, mouton, rites précolombien) où l'on voit que la mort est un élément essentiel à la "renaissance" du totem. Bon, la mort peut n'être que symbolique dans le rituel heureusement.

Autre exemple de culte réussi :

Le culte du sport

Un culte appuyé est célébré à chaque équipe sportive par ses propres supporters. L'intérêt est ici que le culte est totalement absurde, mais fonde et refonde quand même chaque clan. Un peu à la manière des clans totémiques, l'intérêt n'est pas tant dans le totem qui peu n'être qu'un oiseau insignifiant, ou un végétal même pas commestible : Il n'a de valeur que dans le fait que tous s'identifient dans le totem commun fondant ainsi la communauté. Une équipe faible peut même s'enorgueillir de s'être bien défendu face à une forte malgré la défaite : l'important est de défendre ensembles ses couleurs (totémiques) et pas tant de gagner. Marquer un simple point est une victoire en soi. et comme toujours une période sèche (sans point) est nécessaire à la revitalisation apportée par la survenue de quelques points ultérieurs. Perdant ou gagnant, ce qui importe est plus la célébration du sport tribal donc, en tant que culte fédérateur, que du culte de l'équipe clanique supportée.

Au Bouthan des concours rituels de tirs à l'arc sont organisés entre communautés villageoises au printemps. Celle qui remporte le concours est sensée bénéficier de meilleures récoltes pour l'année à venir. C'est tellement important qu'on n'hésite pas à tricher en mettant des chiffons imbibés de menstrues dans les arbres couvrant le chemin d'accès des équipes concurentes, pour affaiblir leurs chances. Alors on ne sait si les gagnants bénéficient de meilleures récoltes, mais une chose est sûre : la communauté gagnante est fière d'avoir gagnée, et chacun de ses membres se revendique de ce clan avec d'autant plus de ferveur ; La revitalisation du clan est au moins assurée à défaut de revitalisation de la nature.

Le Bouthan envoie une équipe d'archers aux jeux olympiques, et certains prétendent que les enjeux qu'ils y mettent est d'une autre nature que les autres équipes... Mais est-ce si sûr que cela ?


 

bouc émissaireC'est aussi toute la difficulté des cultes "totalitaires" qui estime pouvoir se passer des autres cultes, car se suffisant prétenduement totalement à eux même, mais en niant le rôle de bouc-émissaire qu'ils font jouer aux autres cultes dans leur culte malgré tout.

Le principal problème qu'ils posent c'est que s'ils s'estiment (induement nous l'avons vu) autosuffisants, ils estiment que leur foi est la seule valable, et à ce titre doit s'imposer à tous.

Ce n'est d'ailleurs pas une obligation de convertir par la force dans leurs textes fondateurs, au contraire, néanmoins leur paranoïa intrinsèque vise à diaboliser tout autre forme de croyance (qui ne respecte pas leurs tabous), et donc à imposer à tous leurs croyances de facto. Elles sont tellement paranos, qu'elles se font la guerre en interne pour des détails d'interprétation de la foi auxquels personne ne comprend la nuance bien souvent.

Et trop souvent, leur seule façon de se ressouder est de retourner cette agressivité suicidaire vers des boucs émissaires externes.

La guerre sainte est donc intrinsèquement en germe dans leur concept "universaliste". Quand j'entends universalisme, je sors tout de suite mon flingue pour me défendre... L'universalisme devrait s'entendre dans le sens où tout un chacun se reconnaîtrait spontanément dans une valeur sans autre forme d'incitation. Mais ne rêvons pas, l'universalisme tourne vite fait au "nos valeurs sont universelles et ont vocation à s'imposer naturellement - avec un petit coup de pouce pour les récalcitrants  ! -"

Nota Bene : J'inclus dans cette paranoïa religieuse tous les cultes totalitaires y compris politiques (d'obédience militariste, communiste, fasciste, nationnaliste, etc.) : Par exemple l'occident a à peine perdu son bouc émissaire préféré, les soviétiques, qu'aussitôt il faille qu'il s'en trouve un autre, les musulmans.

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A la limite quand ces cultes "totalitarisants" seront vraiment moribonds, on sera peut-être tenté de les sauver comme l'ours blanc, ou les cultes des peuples amazoniens ou aborigènes... Mais à bien y réfléchir : Non... Pas la peine de s'escrimer à sauver des cultes aussi nocivement égocentriques : Enfin on tente bien de sauver les requins, et Monstre sait que ce ne sont des bestioles franchement sympathiques.

 Quelle est la différence entre une religion "respectable" ou non ? Prenons la politique, qui est une forme de religion nous l'avons vu : 

 En démocratie tout parti politique est libre de s'exprimer. Sauf que certains envisagent assez sérieusement d'empêcher leurs concurrents de s'exprimer lorsqu'ils accéderont au pouvoir. Le dilemme démocrate est de se prémunir de ce genre de sectarisme sans y tomber elle même : Interdire les partis à tendances totalitaires...

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Mais qui doit définir ces "mauvaises" tendances. Alors on peut sanctionner au coup par coup certains propos menaçants, mais la meilleure défense n'est pas tant l'interdiction que l'explication de texte sur les dérives les plus évidentes de ces "anti-démocrates".

 Il en va de même des religions : Souligner les dérives sectaires de telle ou telle religion au coup par coup, voir en s'appuyant sur leur logique interne : les grands systèmes tombent généralement du fait de leur logique propre plus que des attaques externes.

 Ainsi le fascisme prônait que force devait rester au plus fort : Vaincu militairement, il se révélait faible et cédait naturellement le pas au vainqueur "démocrate" qui s'était révélé plus fort. Idem le soviétisme promettait le paradis prolétarien ; Dès lors qu'il se soit révélé à terme incapable de mieux traiter les prolétaires que l'occident libéral, il n'avait plus lieu d'être. Rappelons nous qu'un système de croyance ne repose que sur la foi de chacun , et donc collective en ces croyances. Donc que les systèmes s'effondrent lorsque leurs valeurs sont mises en défaut...

 Aussi un croyant ne lâchera jamais la proie pour l'ombre : Il ne reconvertira ses croyances que si l'alternative respectera sa morale antérieure... et s'avèrera plus positive que ce qu'il lâche in fine. Il ne suffira pas de dire que la démocratie est mieux que le fascisme et la théocratie, il faut le démontrer concrètement en l'investissant dans ce sens... La démocratie est ce que l'on en fait, et on peut la dévoyer (rappelons nous que le nazisme est arrivé au pouvoir démocratiquement). A la limite, rien ne vaut une bonne petite Corée du nord ou Iran, pour nous convaincre de la réinvestir  positivement, en contrant ses turpitudes...

Evidemment c'est plus délicat pour les philosophies religieuses sur l'au-delà, d'où personne n'est revenu pour infirmer leurs supputations. Néanmoins ces philosophies préconisent certaines disciplines morales basées généralement sur le respect d'autrui (à minima comme étant habité par le sacré et découlant de lui). Faire remarquer systématiquement à ces obédiences en quoi leur dynamique hégémonique sur l'esprit d'autrui est antinomique de ce respect d'autrui.



En résumé

pays_de_liberteLa première folie et absurdité en matière religieuse et sociale consiste à nier la nécessité absolue de la diversité dans la différence, et surtout celle de ne pas souscrire tous aux mêmes tabous intellectuels... Ce qui scérose les capacités de régénérescences de chaque clan qui défend bec et ongles le totem... qui a besoin néanmoins de dépérir pour renaître de ses cendres afin d'être réintrojecté positivement dans le collectif.

  • En découle la seconde absurdité qui consiste à prendre au pied de la lettre le tabou de critique sacrificielle du totem, en l'imposant aux autres clans, plutôt que prendre cette critique exogène comme un élément essentiel et nécessaire au culte. A diaboliser le rôle du méchant, le faire de façon littérale plutôt que de façon métaphorique théâtralisée et vécue comme telle.

La négation de ces deux nécessités cultuelles entraîne nécessairement toutes les dérives paranoïaques des cultes, y compris sociaux, entre eux et en leur sein.

Maintenant, ce que nous en apprend le Monstre Spaghettien Volant dans sa dernière cuite scientiste ne peut absolument pas être remise en cause sous peine de nous voir condamnés à l'enfer pastafarien : Bière éventée, strippers vérolés, et produit hight-techs d'importation terrestre. Ce serait terrible...


De la difficulté du Pastafarisme

Nous pouvons donc mieux apprécier ainsi les enjeux du Pastafarisme.

L'étrangeté de notre culte, pourtant si évident, chatouillent le autres cultes quant à leurs propres étrangetés. Ce chatouillement sacrificiel et nécessaire à leur bonne santé  a malheureusement tendance à réveiller leur parano naturelle.

Il ne serait donc pas mauvais de leur repréciser de temps à autre que nous ne tenons pas vraiment à les faire mourrir lithéralement de rire. Que nous ne faisons que stimuler par la chatouille la chrysalide de leurs meilleurs cotés pour les aider à s'extirtper de leur cocon paranoïaque (tiré de l'initiation du clan du papillon, dit effet papaillon).

La difficulté majeure réside précisément dans la propention paranoïaque de ces congrégations à diaboliser toute critique exogène, qui tenderait à nous cantonner au rôle du "méchant" de façon littérale. D'où la difficulté de ne pas sombrer, mousaillons, dans ce rôle littéral qu'ils voudraient nous imposer.

N.B. Les points sur les "i" : Il s'agit pour nous, à la foi_ de ne pas abonder dans le rejet sectaire de ces congrégations qui nous diabolisent (et de leur part et de la nôtre en retour aussi donc), mais tout en restant aussi dans le nécessaire aspect critique sacrificiel de leurs dogmes paranoïaques. Mais cet aspect doit rester au plan métaphorique et ludique : on se doit de réafirmer constamment que la critique ne vise pas tant à démolir les autres congrégations par la critique qu'à les débarrasser de leurs travers sectaires paranoïaques absurdes. Ce qui ne peut que les bonnifier en les ressourçant ainsi.

Et l'évesmisme peut-il être critiqué en retour ?

Et puis quoi encore ? Comment pourrait-on arriver à trouver une critique face à un tel concept de pureté incommensurable ? Enfin s'il y en a qui ont du temps à perdre, pourquoi pas ?

Les impies croyants en de fausses idoles nous disent qu'ils nous servent à tester notre tolérance, (c'est l'hôpital qui se fout de la charité), et nos prétentions à nous croire tout droit sorti de la cuisse de la Licorne Rose Invisible. Les mécréants veulent se rendre indispensables auprès de nous en critiquant notre indulgence coupable auprès de cultes aux mythes étranges autant qu'improbables (étranges... vous avez dit étranges ?). Ce qui nous permet effectivement de constater combien nos croyances sont incroyablement plus solides que les leurs, car en vérité je vous le dis, nous avons raison et ils ont tous tords, et notre foi se nourrit de chaque piqure de ces moucherons... Yarghh ! Non mais !...

Ceci doit-il être pris au sens littéral, cher Monstre ?...





Un autre abord, tout n'est pas univoque : 

Identités collectives et individuelles

Une des fonctions premières du totémisme est d'assurer l'interdiction de l'inceste en imposant qu'on ne puissent de marier dans le même culte totémique. Plus qu'un interdit d'inceste, c'est aussi un interdit de communion d'esprit dans le couple. En effet un membre du clan du kangourou à une äme de kangourou qu'il partagerait symbiotiquement avec tous les autres membres du clan. Se mariant avec un membre du clan du serpent (par exemple) ils ne partageront plus la même âme. D'où, les tribus sont nécessairement formée de plusieurs clans formant des familles nécessairement composites de plusieurs cultes totémiques et d' "âmes" complémentaires.

Il semblerait au premier abord que les membres d'un clan, étant tous possédés par l'âme d'un totem commun, aient donc une âme individuelle identique. Mais malgré les apparences extérieures il n'en est rien, quoi qu'il feignent d'adopter les même coutumes et habitudes de vie.

Car chaque individu interprète l'âme totémique collective qui l'habite à sa façon : son âme individuelle est donc une déclinaison de l'âme collective, et non tant cette dernière de façon brute.

Un totem n'est ainsi jamais unique, il se décline en multiples sous totems. Le totem du serpent aura pour sous totem tout ce dont il se nourrit, mais aussi les endroits qu'il fréquente, ainsi que tout ce qui peut le rappeler par analogie : l'anguille qui serpente dans l'eau, l'eau même qui ondule  en serpentant autour des obstacles qu'elle rencontre, le dauphin qui ondule dans l'eau, et la lune (le soleil c'est le feu, la lune est son oposée qui l'éteint : l'eau).

Où l'on voit que les sous totems se déclinent par analogie. Tous les gri-gris et images du totem associés qui ornent les objets appartenant au clan sont eux-même habités par l'âme du totem en en étant une déclinaison. Jusqu'aux individus appartenant au clan, qui sont parfois tatoués rituellement à l'image du totem qui les habite,  comme en sont marqués leurs objets.

L'individu est donc un sous totem en soi,  une partie du totem en tant que déclinaison de lui. Déclinaison au même titre que l'anguille, l'eau, la lune, etc. Ce qui veut dire que l'individu n'est pas le totem en lui-même bien qu'habité par son âme, mais est simplement une partie de lui dont l'addition des parties forme le tout totémique.

Il n'y a donc pas indistinction du totem avec l'individu, ni même indistinction entre les individus, chaque partie bien qu'habitée par le tout, n'est pas le tout mais une partie du tout dont il se distingue ainsi. et chaque partie est différente d'une autre, car appelée à s'imbriquer à d'autres parties complémentaires pour former le tout. (ça suit dans le fond?)

Il n 'y a donc pas d'indifférenciation totalement symbiotique dans un clan totémique, qui au contraire a besoin de toutes les composantes complémentaires du totem pour former le tout.

Par ailleurs Durkheim faisait remarquer qu'aucun sous totem n'était commun à deux totems, mais que par contre en faisant la somme de tous les totems et sous totems d'une tribu, on avait représenté la totalité de l'univers connu de la tribu, formant en somme une sorte de cosmologie du monde connu. 

En gros, les différences complémentaires des indiviçdualités et sous totems sont indispensables à former le tout clanique, lui même indispensable dans sa différence rédibitoire avec les clans voisins à former un tout tribal reformant la cosmologie complète de toutes les connaissances.

Le système totémique, qui est la forme prototypique de toute société, est donc bati sur la notion de déclinaisons et différentiation complémentaires, définissant un tabou incestueux génétique mais autant et surtout  symbiotique entre les différentes âmes individuelles et les différentes âmes totemiques ; ceci tant entre totems différents qu'entre individus d'un même totem.

 Tout cela est typique d'une culture orale, où chacun entend bien ce qu'il veut bien entendre lors de son initiation totémique : Le filtre de la perception personnelle fait office de différentiateur d'âmes individuelles néanmoins investies par une âme collective commune lors de l'initiation.

Avec le passage à l'écrit les choses se compliquent.

Le filtre de la perception personnelle des choses, peut être constamment corrigée en revenant à la lettre du texte initiatique. D'où l'écrit fige les contrats individuels avec l'âme totémique collective dans un modèle qui tend vers l'uniformisation des âmes individuelles, et tout un chacun peut-être rappelé à l'ordre de la lettre à chaque instant. D'ailleurs dans la culture populaire le malin tente toujours de s'accaparer les âmes en leur faisant signer un contrat écrit et irrévocable. En somme l'écrit est la mort de l'âme* qui en tombe prisonnière. 

* L'âme est insaisissable par définition, en la fixant on la tue.

D'où les sociétés scripturales ont tendances à se faire symbiotiques dans leur façon de penser unique, en obérant fortement les chances de l'âme Totemique à se régénérer en la fixant, ainsi que celle de ses ouailles.

 Comment dire autrement ?

Dans une tribu, les gens du clan du serpent auront tendance à contourner les difficultées comme l'eau. Un quidanm d'un totem plus "solaire" aura tendance au contraire à s'imposer aux difficultés avec toute la "puissance" de son totem. le clan du kangourou sautera au dessus des obstacles, des fourmis à travailler de concert, etc. . 

Toutes ces postures rassemblées forment ensemble toutes les postures possibles face à un problème... et il y en aura bien une ou deux dans le tas succeptibles d'être adaptées à un problème inédit se présentant à la tribu. La diversité de points de vue est donc un plus dans la résolution des problèmes inédits. La variabilités de l'âme est ainsi une nécessité face à la variabilité des problèmes.

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Voyons l'objet ci contre :  --->

l'observateur de face verra un carré et le traitera comme tel.

L'observateur de profil verra un triangle et agira de même.

L'observateur du desoous verra un cercle, idem.

L'appréhention corecte de l'objet observé ne pourra se faire que par la mise en commun des expériences individuelles contradictoires. et une pensée unique sera un handicap certain.

L'adaptabilité de chaque point de vue personnel, rigidifié dans sa position, est fonction du respect de la vision de l'autre comme nécessairement complémentaire à la sienne. (ouf ! on y est)

Officialisations politique des cultes :

Si l'écrit appauvrit l'âme collective en standardisant l'âme individuelle, un second éccueil du même ordre guette notre âme collective : L'intronisation d'un culte unique.

Déjà, nous avons vu que les totems avaient besoin de complémentarité sacrificielles pour se régénérer et perdurer. Mais en plus ici, non seulement les âmes individuelles tendent à se standardiser par l'écrit comme base initiatique, affectant la nécessaire insaisissabilité de l'âme tant collectective qu'individuelle, mais cette âme collective clanique se retrouve tantôt devenir le seul modèle à l'exclusion de toute autre modèle des autres totems erradiqués.

En sorte, l'âme de la collectivité se fige de plus en plus dans un modèle unique et intangible, rigide et inflexible, codifié et désormais dépourvue de la fluidité qui est pourtant la spécificité première de l'âme normalement.

Reprenons l'historique des deux grandes religions .

1/  La chrétienté est devenue religion d'état au 4 ème siècle, au moment même ou l'église grava dans le marbre la version définitive des évangiles. C'est à partir de ce moment que l'empire Romain, auparavant polythéiste, déclina et que l'occident s'enfonça dans le moyen age. Notons au passage qu'en même temps il y eut shisme entre catholicisme et orthodoxie, comme s'il n'était possible d'instaurer un culte unique que si un double existait ailleurs : Cf. Shisme sunnite - Chiite pour les musulmans.

Mais l'unicité n'alla pas de soi, la chrétienté a toujours eut tendance à générer des théologies alternatives qui, soit furent absorbées par la papauté, soit furent durement réprimées (cathares et autres). L'introjection des savoirs islamiques et bizantins, aux XIV XVe siècles, offra une bouffée d'air pur, qui initia la renaissance puis le shisme définitif avec le protestantisme.

Le protestantisme se définit avant tout comme la liberté pour chacun d'interpréter les textes à sa façon, en d'autres termes à l'âme individuelle d'interpréter l'âme collective à sa façon.

Tout à coup les âmes collectives et individuelles retrouvaient la fluidité, l'insaisissabilité qui leur étaient nécessaired à leur épanouissement, et l'occident repartit de l'avant. 

Notons que le protestantisme ne fut pas le seul gagnant, dans le fond le catholicisme redevenait un culte parmis la multitude, et pour ne pas disparaître dû mettre de l'eau dans son vin quand aux vélléités des fidèles à prendre quelques libertés avec les dogmes.

Ceci dit, la liberté d'interprétation est à double tranchant : Ainsi quand on croit ce qu'il est imposé de croire, on n'est pas responsable des erreurs d'interprétation éventuelles à la face de Dieu, Mais la liberté d'interprétation implique une responsabilité personnelle dans les erreurs d'interprétation. d'où une propention à interpréter le moins possible en restant scotché à la lettre du texte.

Aussi paradoxalement, le protestantisme se révèlera-t-il plus réducteur pour l'âme collective qui pataugera dans le puritanisme.

Néanmoins, les brèches ouvertes dans la liberté de penser "les choses" par soi même, finiront par faire émerger la science, et de là un retour de l'affirmation de l'agnosticisme et l'athéisme (qui ont toujours existé en catimini).

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La boucle est ainsi bouclée : Le réinvestissement individuel libre de l'âme collective va jusqu'à la négation des valeurs mêmes du totem christique commun. Enfin en apparence car la culture, comprise athée, y reste judéo-chrétienne, et par ailleurs le christianisme ne fait plus tant totem commun que le sécularisme politique qui se substitue à lui comme valeur totémique de remplacement. : En somme la laïcité c'est la nouvelle religion dominante, mais qui reconnait le libre investissement de quasiment toutes les autres religions.

Nous sommes donc presque revenus au point de départ avec différents cultes totémiques à investir individuellement librement, et sans doute même de façon plus souple encore.

2/  L'islam :

Dans un premier temps, l'islam conquérant ne craignait pas les cultures qu'il asservissait, et ainsi incorpora les savoirs des civilisations conquises à ses propres connaissances : orthodoxes, juives, grecques, égyptiennes, assyriennes, perses et même hindoues. Ce fut l'age d'or de l'Islam classique. Ensuite vinrent les croisades et les invasions mongoles qui initièrent une nouvelle défiance envers les cultures exogènes, et un repli de l'Islam sur ses propres valeurs. Mais cela signa le début du lent déclin de l'Islam.

Non seulement, mais les faits historiques sur la genèse du coran démentent son histoire officielle. Il appert que le coran aurait-été éllaboré progressivement à partir d'un proto Islam du VIIe siècle. Ellaboration qui serait intervenue entre le VIIIe et XIe siècle. Il semblerait que l'autorité des califes arabes, notamment juridique à travers la morale religieuse qui la soutendait alors très informelle, n'arrivait pas à s'imposer aux peuples conquis dont la morale religieuse était bien rodée rhétoriquement. Ainsi de discutions en discutions thélogiques avec les "infidèles" serait apparu progressivement un corpus théologique islamique en réponse. Et qui n'aurait-été définivement arrêté qu'au XIe siècle à travers le texte officiel du Coran, qui aurait alors un caractère grandement mythologique tant dans son contenu que dans l'histoire de sa genèse (Voir, ou pas..., notre article "Charlie Hebdo" et cette "exégèse" historique.)

Toujours est-il que c'est vers le XIe siècle que les écrits de l'Islam auraient été "gravés dans le marbre" qui lui permit par ailleurs, de s'imposer politiquement justifiant les conversions plus ou moins forcées : Intimidations, et fiscalité avantageuse.

En gros, l'islam serait aussi devenue religion d'état à l'époque même de la genèse définitive de ses textes, tout comme le catholicisme, avec les mêmes effets sclérosants, c'est aussi le début de la fin de la grande période de l'Islam classique, qui n'aurait dû en fait son dynamisme que dans la diversité des cutures et des cultes en son sein alors.





Un autre angle ? ... Pour abonder dans l'intérêt qu'il peut y avoir à multiplier les points de vue, nous ne resterons pas manichéistes ne stigmatisant qu'un seul aspect négatif dans les dérives totémistes. Les dérives peuvent être de plusieurs ordres, aussi bien une seule dérive provoquera des effets marginaux, mais si plusieures se potentialisent les unes les autres les effets se montreront autrement dévastateurs. Aussi l'histoire tend à nous démontrer qu'il y a un effet domino, où quand une dérive se met en place, elle a tendance à générerer les autres en tant qu'auto-justification.

Allons donc... 

Mythologies religieuses ou idéologie : 

Pour cimenter toute communauté, il faut un totem. Mais un totem ne s'investit que par ses qualités quasi magiques de ciment social précisément.

Cette "magie" s'illustre dans la mythologie attachée au totem.

Humains du clan de la licorne . . .

Licorneux

 Prenons le clan du kangourou (j'aime bien ce clan plein de ressorts), son idéologie veut que chaque membre du clan soit habité par l'âme du grand ancêtre mi-humain mi-kangourou. Alors là, c'est idiot à priori : Toute mythologie a un arrière plan métaphorique sans lequel elle ne tient pas.

 La valeur essentielle de cette mythologie réside dans l'idée que chacun participe d'une âme commune, et que l'anéantissement de cette âme commune signerait l'anéantissement de la communauté. Point.

D'où, il est impératif que chacun participe aux rituels de revitalisation de cette âme commune.

C'est la croyance primordiale de toute communauté constituée.

 On notera que la valeur accordée à l'âme en question n'a aucune espèce d'importance : Une âme de kangourou ?!?  Le clan voisin a d'ailleurs une âme de perroquet, et l'autre une âme de serpent... Débile !

 L'âme n'a qu'une qualité en elle même, c'est d'être commune : Peu importe qu'elle soit de kangourou, perroquet ou serpent, mais on pourrait dire aussi juive, chrétienne, musulmane, française, allemande, communiste, ou démocrate.

. . . . . Chien du clan des pirates

chien pasta

 Là on s'insurgerait volontiers, être chrétien, musulman, athée, démocrate ou communiste, ce n'est pas pareil. Oui, comme dire que "être kangourou ou perroquet ce soit pareil" provoquerait des réactions indignées dans les deux communautés. Les valeurs intrinsèques de chaque communauté sont sacrées et ne peuvent absolument pas être remises en cause en étant assimilées à celles de  leurs voisines : " Ah ! C'est autre chose tout de même ! ".

Ah ! Là, je sens que ça coince.

 Bon je concède que la rationalisation des croyances dans les cultes modernes a fini quand même par dégager des valeurs philosophiques réelles et différenciées au sein de ces différents cultes.

Néanmoins, ceci continue de se passer à deux niveaux distincts :

  • Le premier est que de toute façon l'âme d'un collectif se doit d'être rédhibitoirement insoluble dans celle de sa voisine, et peu importe alors la teneur de cette âme (kangourou, perroquet, chrétienne, ou communiste :. On notera que juifs et chrétiens sont sensé honorer le même dieu, et avoir quelques valeurs communes, mais chacun des groupes est d'accord pour dire qu'il est fondamentalement différent de l'autre et qu'on ne peut les confondre.)
  • Le second réside dans ce que la rationalisation philosophique de ces différences a fini par produire du sens à la limite de la pertinence. A la limite, parce que ces philosophies restent plus prétextes à différentiation que réalités intrinsèques. Ainsi où sont "l'amour du prochain" et "tendre l'autre joue" dans l'inquisition, les croisades chrétiennes ou chez les conquistadores esclavagistes ? Où est "le paradis prolétarien" dans le communisme ? "Le pouvoir des électeurs" qui se dilue dans le pouvoir de la finance dans les démocraties ? 

 La fonction essentielle de l'âme est de former une communauté, et ses prétextes philosophiques volent en éclats devant la nécessite de la communauté à rester unie face aux menaces supposées (voir ci-après). Ici les théologies iconoclastes risquait de faire éclater la chrétienté ; Là, l'Islam empèchait les chrétiens d'aller faire leurs rituels de revitalisation de la foi à Jérusalem (pèlerinage sacré) ; Là encore, le doute sur l'adhésion des masses à l'idéal communiste lui fait assujettir les masses plutôt que de les libérer ; Enfin la démocratie ne tient que par l'intérêt individuel à sa sécurité matérielle, subordonnée à la bonne santé économique, et se vend donc à ses "spécialistes" présupposés ; etc...

Et là, tu la sens bien ma  charité chrétienne ?  

Gallonio-tortures-1591

 En somme, les prétextes philosophiques ne tiennent jamais dès lors que le spectre du délitement communautaire apparaît à l'horizon. 

 Nous en revenons donc aux cotés illusoires et métaphoriques des mythologies attachées à l'édification des totems, idéologies dira-t-on pour les cultes modernes.

L'important est dans la métaphore, le symbolique.

 Reprenons le rituel de célébration du retour de la saison des pluies. "Rationnellement" les aborigènes disent initier le renouveau de la nature, par des danses de la pluie par exemple, qui va permettre à leur totem (animalier ou céréalier généralement) de reprospèrer et de se reproduire, de se revitaliser en somme. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Oh oui, c'est bon ! encore !

 En fait ils n'initient évidemment rien du tout de ce coté : ça se fait tout seul. Par contre ils initient bien le renouveau communautaire, à travers sa revitalisation par ces rituels de revitalisation de la nature. En somme le totem, non tant comme animal ou céréale mais comme symbole du ciment communautaire, se trouve bien revitalisé.

 Bref, l'animal ou la céréale totem ne doivent pas être pris au premier degré, mais en tant que pure métaphore du ciment communautaire en lui même.

 Mais dirions nous, il en est de même pour toute idéologisme formant totem pour une communauté moderne. Derrière les apparentes raisons de leurs rituels censés célébrer leurs valeurs, il faut décrypter ce qui est de la raison première et profonde de leur nécessité : La cohésion sociale à travers la métaphore de ses totems.

 Par exemple, je suis pastafarien : J'adhère totalement à un totem qui est le dieu Monstre en Spaghetti Volant. Mais en même temps je ne crois pas un seul instant à la réalité matérielle de sa présence, me concentrant sur sa pure valeur symbolique. Il n'est que pure métaphore totémique d'une communauté qui se méfie de tout dogme préétabli et gravé dans le marbre. En même temps il a un but et une idéologie, "Combattre folies et absurdités religieuses", mais aussi bien cette idéologie se dissout en elle même : "combattre folies et absurdités religieuses" ne mène-t-il pas tout droit à des croisades fanatiques qu'il dénonce au départ ?

 Aussi, le prétexte philosophique à former totem se mord la queue, et se dissout de lui-même ne laissant place qu'à la pure métaphore totémique facétieuse formant néanmoins communauté.

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Je suis toujours aussi émerveillé devant la pureté inaltérable de ce totem absolu. J'en fais trop ? Un peu que j'en fais trop et heureusement. Trop peu, et ça pourrait rentrer dans un concept philosophique prétexte à totémisation pure et dure, niant son métaphorisme. La métaphore n'est pleinement explicite que si elle est carrément outrancière. c'est d'ailleurs sans doute pour cela que les mythologies sont en général totalement absurdes. L'absurde marque la différence entre le profane rationnel et le sacré, c'est une hérésie de vouloir  assimiler le rationnel dans le sacré.

Ce que je veux souligner ici, c'est que quel que soit la philosophie d'un sacré ciment communautaire, il ne faut jamais perdre de vue que sa fonction première est de faire ciment, pas de s'auto justifier comme étant valable intrinsèquement.

Donc toute idéologie sacrale se contredira facilement totalement pour garder cette fonction première de ciment communautaire. Il faut constamment garder cette idée à l'esprit, pour comprendre et anticiper les dérives.

Ceci dit, personnellement, je tends à renvoyer chacune de ces philosophies transcendantales à leurs cotés humanistes... Parce que fondamentalement, mieux vaut les tirer du "bon coté" en agissant sur leurs propres ressorts internes, que sont leurs valeurs de respect de l'humain en chacune d'elle... Mais sans s'illusioner sur ce qu'il en est des valeurs prétextes et de leur trahisons potentielles ; Car ces "religions" se doivent  au moins de sauver les apparences quand au respect supposé de leurs précepts en interne.





 

 Autre abordage consacré

Les rites piaculaires (ascétiques ou expiatoires)

Piaculaire ? est-ce que j'ai une gueule de piaculaire ? Peuvent pas parler comme tout le monde ces sociologues... Ethymologiquement : "expiatoire"

 Bon en gros, le collectif s'étiole sans les individus qui le composent, d'où l'intérêt de revitaliser l'appartenance au totem commun par des rituels réguliers. Mais aussi pour mieux relancer ce processus il faut symboliser la menace de l'étiolement communautaire par des frayeurs mythiques. Ainsi les cérémonies de la saison des pluies, renouveau de la nature, mais en fait renouveau symbolique du collectif, est précédé de l'attente angoissée de cette délivrance durant la saison sèche et aride. C'est à dire ce qui risque de se produire si le collectif n'arrive pas à se refonder (dessèchement du collectif).

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 Et si la saison sèche n'existe pas pour symboliser cet assèchement spirituel, aussi bien on l'invente à travers le carême ou le ramadan par exemples. C'est la traversée du désert avec le retour aux mythes païens impies, le déluge, etc.. Les films catastrophes sont ainsi la mythologie moderne scientifique. Une catastrophe s'y annonce. Un savant brillant, mais iconoclaste, connaît la solution, et se heurte aux institutions scientifiques établies. C'est sa traversée du désert, mais il se bat avec acharnement, et on finit in-extrèmis à l'écouter devant l'inefficacité des conceptions classiques. La terre est sauvée et tout le monde exulte de joie et tombe dans les bras l'un l'autre : La communauté scientifique déchirée se réunifie dans l'allégresse. Ouf !... C'est aussi l'histoire des sciences, où tout nouveau concept est d'abord rejeté et vilipendé avant d'emporter l'adhésion commune et générale.

C'est l'empire du mal, du malin et des forces obscures qui menacent la cohésion du groupe et sa pérennité in fine.

Bien, là la place manque pour faire un tour exhaustif du piaculaire lié au mythe de la désintégration sociale dûe au manque de ferveur collective.

Alors vite fait c'est quoi ? A chaque fois qu'on évoque un dysfonctionnement social pouvant provoquer son délitement, du pervers du coin au réchauffement climatique, on évoque la désintégration sociale en fait. Non que le pervers ou le réchauffement n'existent pas, mais par exemple nos enfants ont énormément plus de risques d'être victimes d'accident de la circulation que d'un pervers, mais la charge symbolique pour le collectif dans la transgression d'un tabou y est plus forte. Le message est avant tout "Attention à ne pas transgresser les tabous qui forment le ciment de notre communauté""c'est abominablement condamnable : Et voyez donc ce qu'il advient alors" ce n'est pas tant l'enfant qui est bousillé, que la sérénité du collectif dans ses capacités à transmettre ses valeurs aux futures générations sans les compromettre. (Houlà, ça fume dans la cambuse, vite un seau d'eau pour refroidir tout ça moussaillon).

crise-euro-zone-merkel--hollandeChômage, perspectives économiques écologiques , etc. qui ont leurs réalités intrin-secs, mais aussi une charge symbolique et métaphorique quand aux mythes fondateurs de la collectivité. La difficulté consiste à bien séparer les deux niveaux de lecture : Le fait réel et ses enjeux réels, et sa charge émotionnelle symbolique pour la cohésion sociale mythologiquement structurée.

Tout ce qui est de l'ordre du dysfonctionnement y renvoie : Dans un monde cohérent, où la cohésion sociale serait "sans faute" s'entend, tout devrait tourner rond. Donc (!?) le moindre accroc est potentiellement symbole de dysfonctionnement religieux, d'où l'idée de cantonner le mal à des causes extérieures à la communauté qui lui échappent et atteignent les individus au cas par cas sans en affecter le tout. La personne atteinte par l'accroc maléfique est plus ou moins pestiférée, et ne peut rejoindre la communauté que par des rituels purificateurs individualisés : C'est alors l'affaire des confesseurs, exorcistes, mages, rebouteux, médecins, psy. (censés exorcisés eux même), d'extirper individuellement le mal en chacun, mal individuel donc épargnant le collectif. Ach ! Quid des licenciements collectifs... mais promis juré, chaque cas sera traité individuellement, ce ne sera plus un problème collectif menaçant la cohésion commune.

A l'extérieur peut aussi s'exprimer comme à l'extérieur de la communauté par externalisation de la "faute", soi par la création de boucs émissaires, soit mieux encore par l'instauration d'un ennemi héréditaire (rival économique, communisme, Islam, etc.).

 Rituels négatifs ou positifs ?

Mais les rites acétiques dits "négatifs" finissent par faire rituels "positifs" : Ainsi faire carême ou Ramadan, c'est se purifier pour s'attacher la mansuétude des Dieux afin qu'ils protègent le groupe. C'est sensé amener le collectif sur le chemin de la rédemption, la régénérescence ainsi. Expiatoires, on vous dit.

Les cultes modernes ne se veulent plus du tout cycliques en théorie. En pratique ils le restent, puisque les rituels y restent cycliques. Mais l'idéologie repose sur l'idée d'un seul cycle contrairement aux croyances d'origine : Il y eut un début (la genèse), et il y aura une fin apocalyptique et définitive amenant à la résurrection collective au paradis (saison des pluies toujours).

Et cette théologie place la vie et l'humanité dans l'entre deux, c'est à dire en pleine saison sèche : Nous sommes sur terre pour faire notre deuil du paradis perdu : Son retour, la saison des pluies, c'est pour après l'apocalypse !

Durkheim insistait sur l'importance de l'effervescence, voir folie, dans les rituels de régénération collective. Et cette effervescence fait un peu défaut dans les cultes modernes. Et c'est logique : Car ces cultes nagent en pleine ambivalence.

En effet leurs rituels ont pour fonction intrinsèque de revitaliser le collectif (généralement dans la joie du retour de la saison des pluies-régénérescence du totem), mais parallèlement dénient tout retour positif (Cf. la pluie) dans le monde terrestre : Le mal est sur terre, le bien est dans l'au-delà. (très Cathare tout ça). Donc il n'y a pas à fêter prématurément un retour de la pluie non prévu en soi ici et maintenant.

Ce en quoi, plus on ferait carême sur terre, plus on aurait de chance de retrouver la pluie régénératrice dans un autre monde. A ce petit jeu désopilant, le puritanisme protestant est le champion, et le pire est que ça marche : Ainsi le travail, ou dur labeur, est le signe d'une traversée du désert qui sera d'autant plus "productive" que réalisée aridement (avec le plus grand sérieux et le minimum de joie).

 Accessoirement les retombées positives de ce travail acharné sont vécus comme de simples encouragements divins : Ce ne sont tant les conséquences d'un sérieux labeur, mais un simple avant goût de ce que sera l'au-delà si on continue ainsi. Il y a même un ascétisme au second degré dedans : Normalement la foi doit apporter joie et réconfort, mais ce serait du paradis avant l'heure, à proscrire donc... Il est de bon ton de douter, c'est à dire de se priver de la béatitude jouissive d'une foi sans faille. Le désenchantement n'est pas tant une conséquence de la démystification du sacré par la science, qu'un accomplissement piaculaire ultime. Et de fait la science n'est qu'une épreuve expiatoire de plus dans le parcours aride du croyant : Sa foi est d'autant plus méritoire ainsi.

Soyons iconoclastes jusqu'au bout : L'athéisme puritain serait même une hypertrophie de cette logique, à la limite plus de foi du tout, plus de paradis in fine. Sauf qu'évidemment que reste-t-il à l'humain comme perspective paradisiaque : Le bonheur de vivre ici et maintenant, du moins le plus vite possible, et là ça n'est plus très ascétique. Heureusement, quand on a pas encore bien digéré sa culture judéo-chrétienne on peut rester dans un ascétisme puritain du style : "la vie est une absurdité sans destinée, dont joies et peines ne sont que des avatars insignifiants". La faute à expier n'existe pas, soit, mais nous devons assumer le non sens intrin-sec de la vie, dû à l'ivresse initiale du Monstre. Argh ! ça c'est de l'ascétisme, on explose le concept de détachement bouddhiste.

Deuil :

Précisons le concept : Un bon nombre de rites "piaculaires" sont liés aux rituels de deuil. Le deuil est le prototype de l'affaiblissement de la communauté par amputation d'un de ses membres : Un seul être nous manque et tout s'étiole autour de nous, mais surtout cela devient le symbole de l'étiolement social. Les rituels sont ainsi de l'ordre de l'expiation. Aucune faute en soi, mais quelque part il nous faut quand même le signifier clairement. Les membres du groupe se doivent de réaffirmer que personne ne souhaitait cette disparition d'une partie de l'âme du groupe dont un de ses membres était habité : les défauts du défunt sont ainsi gommés, ou excusés, au profit de ses grandes qualités sociales (l'au raison du plus mort est toujours la meilleure). Ce qui est célébré ce sont avant tout la nécessité de souscrire à la solidarité de groupe. Un membre du groupe disparaît, mais le groupe resserre ses liens à cette occasion en célébrant cette nécessité : Les repas d'enterrement commencent généralement dans la tristesse due à la disparition de l'être cher, mais finissent dans l'alégresse de la communauté ainsi refondée par la ritualisation du deuil. Au fond célébrer le deuil individuel est célébrer le deuil du collectif par avance pour paradoxalement conjurer sa mort annoncée.

Au fond la "faute" originelle serait celle de laisser tomber le collectif, et le culte ascétique consiste essentiellement à démontrer et redémontrer que chacun est près à se sacrifier pour lui. En général il suffit de signifier "évidemment" en rajoutant aussitôt "si le besoin s'en faisait sentir". Mais bien entendu le dire est un peu facile, il faut donc le démontrer concrêtement. Mais aussi il faut bien une bonne raison à cela, et quoi de mieux qu'une bonne menace bien réelle dans le concrêt. Aussi on peut sérieusement se poser la question si la crise ou la menace n'est pas bien souvent imaginaire ou grossie, voir même fabriquée de toute pièce, afin de servir de prétexte à réaffirmer l'attachement de chacun au groupe ?

En période d'abondance (cf. saison des pluies, on n'en sort pas), la solidarité de groupe n'a pas tant à être affirmée puisque par définition le totem se porte bien "tout seul", par l'effervescence de la société que chacun célèbre dans la joie : Il est alors facile de se réclamer d'un totem qui nous comble, et les rituels "positifs" ne sont pas tant une charge, que surtout très largement compensés par les supposées retombées positives du totem pour chacun. Mais l'angoisse collective saisit alors le collectif : "Et si c'était moins prolifiquement facile serions nous toujours prêts à célébrer notre totem en nous sacrifiant pour lui ?". La meilleure façon de le savoir est de se confronter à la situation soit en l'imaginant, soit de façon plus convaincante en nous confrontant avec une situation réelle de traversée du désert. On se lance des défis absurdes en se fabriquant masochiquement des obstacles à surmonter, et parfois plutôt que de s'autoflageller on demande à un clan voisin de le faire pour nous en en faisant notre ennemi. Auquel cas d'ailleur on revoit ici l'externalisation d'un désir masochiste communutaire par la création d'un ennemi nécessairement sadique (hier les communistes, aujourd'hui les musulmans, demain les chinois ? etc.). Où encore une fois une des fonction essentielle des rites claniques, piaculaires ici, est externalisée paranoïaquement sur "l'autre", sans en assumer notre propre volonté masochiste, en en niant ainsi son inconsciente nécessité préssupposée.

D'où la question : Les crises sont-elles vraiment si réelles que cela ? Ou ne sont-elles qu'une mise en scène artificielle inconsciente de nos angoisses collectives de délitement social ?

L'impérieuse nécessité de l'ascétisme est-elle toujours de l'ordre rationnel, ou idéologique ?

Notons ici toute l'ambiguité de certains sociologues à la solde de l'économie et des politiques. Pour eux puisque le piaculaire "marche" si bien économiquement et politiquement, autant adouber cette idéologie telle qu'elle" - plutôt que d'essayer d'en promouvoir une nouvelle, aléatoire, dont on ne connaît les effets à terme (Cf. communisme, rationalisme, etc.) -.

En fait, ils ne croient pas en leur théologie de base, mais croient en leur capacité idéologique à engager une "bonne" dynamique sociale au vu des résultats : C'est une croyance au second degré, et un conservatisme idéologique.

fmi

Ainsi dans la crise économique que nous traversons, il est bon de travailler stoïquement à rétablir les équilibres "naturels" sans rien attendre en retour dans l'immédiat... voir même à terme : émergences de nouvelles puissances économiques entre temps, amenant une raréfactions des matières premières accrues, et l'accélération des cataclysmes écologiques... Une vie définitivement ascétique, quoi...

En gros les cultes modernes ne nous proposent qu'aridité et stoïcisme sur terre... Enfin pas tout à fait : On a droit à quelques menus plaisirs, mais de façon quasi hygiénique : Il faut bien entretenir le moral pour supporter l'épreuve de cette vie d'acèse.

Tout ce qui est de l'ordre du sacrifice expiatoire demandé aux ouailles en fait partie : Jusqu'au sacrifice de sa vie... Heureusement qu'il y a des étrangers pour expier à notre place : externalisation de la faute oblige.

La guerre, le djahad, les sacrifices humains, souvent sur fond de racisme, ne sont en sorte que des rituels de réaffirmation que cette vie n'est qu'assèchement inintérressant en regard de la prolifique suivante.

L'humain primitif était habité par l'âme de son collectif qui refondait le lien par l'exaltation, le moderne refonde le lien sur l'abnégation expiatoire. Les politiques cherchent systématiquement à remettre du réenchantement dans leur politique en suivant les principes de Durkheim sur l'exaltation sociale consacrée, et je dirais tant mieux ; Néanmoins ils sous estiment les potentialités des cultes expiatoires en cela (quoi qu'ils arrivent aussi très bien à nous le faire valoir après élection : je vous ai appâsté avec la terre promise, mais il y a la traversée du désert auparavant).

Bon à ce point je me fais néo-durkheimien : Promettre la saison des pluies dans l'au-delà signifierait en soi que la refondation de la communauté humaine ne serait pas pour ce monde, mais pour un autre. Bon, évidemment tout ceci n'est que de l'ordre du métaphorique, les différents plans d'existences sont ceux du profane et du sacré bien entendu, néanmoins ça a son importance idéologique, non négligeable en soi.

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La vie terrestre c'est le profane aride et désenchanté, et l' "au-delà" ne se situe pas dans un après mythique, mais bel et bien dans un "ici & maintenant" à un niveau collectif transcendé : La collectivité humaine n'a jamais été aussi dynamique qu'actuellement, quoiqu'à double vitesse et tranchant. La bonne santé de l'humanité réclamerait ainsi que les humains s'angoissent pour se contraindre. Mais tout ceci fonctionne sur un mode purement sensible, intuitif evec toutes ses dérives, et pas très rationnel quand à son implantation dans le réel. On peut même parfois se demander si le réel ne fonctionne pas souvent comme une construction essentiellement imaginaire pour l'humain, au moins au niveau économique et social.

L'humanité aurait pris la place de Dieu dans sa toute puissance sur ce qui l'entoure : On n'a jamais dit qu'être tout puissant était forcément bénéfique et évident en soi quand on manque à ce point d'omniscience et de claivoyance.

 En résumé, méfions nous des prétextes à sacrifices nécessaires sur fond de catastrophisme pas toujours très clairs rationnellement. Ce n'est peut-être qu'expiation d'une faute imaginaire.





 Nous avons mis à la fin la vedette de l'absurdité religieuse.

La superstion

 Lorsque les aborigènes font leur danse de la pluie pour la faire venir (juste avant la saison des pluies, ça tombe bien). Arrive quand même de temps à autre que la nature fasse quelque caprice en retardant un peu la-dite saison.

 Comme nous l'avons vu précedemment, les rituels ont pour fonction réelle de revitaliser la communauté, et absolument pas de faire tomber la pluie : Le renouveau de la nature n'est que la méthaphore rituelle du renouveau communautaire.

 Néanmoins, il faut bien que la méthaphore du culte reste vraissemblable, pour garder au moins un semblant de justification rituelle. Comme nous l'avons vu précedemment, c'est le début des dérives cultuelles quand elles tentent rester "à la lettre" du culte, sans plus garder de distance allégorique imaginaire.

 Nos aborigènes ne se démontent pas pour autant : S'il y a retards (ou avances) par rapport aux timings rituels, c'est normal : Il y a bien dû y avoir quelques maléfices perturbateurs externes qui expliquent le décalage. Rien de grave, et cela ne vaut d'ailleurs généralement même pas la peine de conjurer ces maléfices, car les choses reviennent très vite naturellement dans l'ordre en général.

 Mais quand même, parfois une variation climatique importante peut amener une sécheresse qui retarde régulièrement, fortement et donc dangereusement la saison des pluies.

 Même si le culte est métaphorique en soi, il est quand même vaguement lié à la réalité : La bonne santé du totem animalier ou céréalier symbolisant le groupe, est fonction d'une météo clémente. Aussi la bonne santé du groupe est-elle fonction de la santé de la nature qui le nourrit, et est tout autant fonction de la météo : Où la méthaphore télescope parfois la réalité. En psychologie la pire menace sur l'équilibre psychique se matérialise quand un problème de nature fantasmatique télescope une parfaite illustration dans la réalité, anihilant alors la barrière entre réel et imaginaire... L'esprit peut alors basculer dans la folie. Le pendant socilogique advient lorsque le monde sacré immatériel télescopoe sa parfaite métaphore concrête dans le monde concrêt, profane.

 Ainsi les Asthèques avait une légende sacrée qui disait que leur monde s'effondrerait quand le Dieu barbu Quetzacoalt reviendrait sur terre. Or les Espagnols étaient des êtres étranges sortis d'on ne sait où, et barbus (les indigènes ont fort peu de poils), ce qui explique que quelques centaines d'hommes ait pu venir à bout d'un peuple fortement structuré et militarisé de 20 millions d'âmes : Où quand le sacré télecope sa parfaite illustration profane.

 En cas de perturbations climatiques dangereusement réccurente, se pose alors sérieusement la question des "maléfices" externes, et la façon de les erradiquer.

 Là, nous allons nous faire plus rationnels dans l'analyse : Une crise écologique ou économique remettant en cause les équilibres sociaux établis (qui garantissent normalement sa part à chacun) risque bel et bien de faire imploser la société. Et c'est la viabilité du groupe qui est alors réellement en jeu. La métaphore du totem en perdition est alors le reflet exact de la réalité sociale en la télescopant.

 Néanmoins, cette méthaphore a ses limites quand on aborde la question des maléfices supposés le mettre à mal. Si aucune solution rationnelles ne se fait jour, la question du maléfice irrationnel est sensé trouver une solution magique où la rationnalité a échoué.

 Rationnellement, l'entreprise est vouée à l'échec quand aux causes matérielles et économiques réelles de la crise sociale, mais elle peut encore faire illusion un temps sur la cohésion sociale. Rechercher les causes mytiques de la "crise", et les méthodes d'exorcismes efficaces en regard, le temps d'incubation de ces remèdes, tout ceci est propre à occuper les esprits qui sinon seraient en proie à un désaroi incontrôlable et déstructurant. Bref, cette quête mythique peut maintenir l'équilibre social encore un temps.

 Mais dans cette dynamique la superstition change de nature. La nature primitive de la malédiction superstitieuse n'est que pure métaphore justificative des aléas rituels : entre leur justification parabolique d'un coté, et rapport à un concrêt chaffoin de l'autre, qui se dérobe parfois à la justification (Cf. : Saison des pluies légèrement en retard sur la ritualistion du culte).

 Dans une crise majeure, la malédiction supertitieuse tend à transformer l'explication purement méthaphorique initiale en pseudo moyen effectif d'agir sur le concrêt (télescopage réel-imaginaire, ou sacré-profane)

 Or ce qui est de l'ordre du sacré se définit prècisément par son insolubilité rédhibitoire dans le concrêt, qui est de l'ordre du profane. Et le tabou primordial en est donc ainsi la totale séparation entre le sacré (domaine religieux) et le profane (domaine concrêt).

(Soit dit en passant la laïcité ne fait que remettre ce tabou à l'ordre du jour)

 En empiétant sur les causes concrêtes et profanes d'un problème, lié à la réalité de la crise traversée, la supertition transgresse ce tabou fondammenetal faisant télescopage.

 Durkheim disait que la superstition était de l'ordre du maraboutisme, qui s'occupait des malédictions à titre individuel ne touchant donc pas le champ religieux collectif lui. (Ce en quoi nous ne sommes pas tout à fait d'accord : Cantonner la malédiction au domaine personnel permet surtout d'établir un cordon sanitaire autour du collectif qui ne pourrait ainsi pas être "contaminé" par la malédiction, et une action concrête et profane sur elle donc, mais cette prévention distingue bien ce qui est sacré du profane, et donc rentre bien dans la définition de ce qui est sacré, par défaut soit, mais quand même).

 En d'autres termes, mélanger les superstitions justificatives allégoriques des aléas rituels avec les réalités matérielles des crises relève de la transgression du tabou de mélanger le sacré et le profane.

 Ce qui pose d'ailleurs problème à certains cultes laïcs : Tant qu'on reste dans l'idolatrie des vedettes de la culture populaire, chacun fait plus ou moins la différence, mais dès qu'on entre dans le champ des cultes politiques, voir rationnalistes la marge entre les deux domaines se fait plus floue.

 Ces derniers cultes prétendent ne s'occuper que des aspects concrêts de la vie, mais ne dédaignent pas surfer sur des superstitions, peurs et angoisses irrationnelles : communautarismes, idéologies totalitaires, tabous économiques (on ne touche pas aux idéologies quasi théocratiques des systèmes capitaliste, marxiste, voir théocratique dans certains pays)... Où rester scotché à la lettre des principes sacralisés relève plus de la superstition que de l'approche pragmatique des problèmes.

 Aussi ceci est délicat, tant oeuvrer sur le lien social et ses valeurs, c'est nécessairement toucher au sacré sociétal par définition.

 Comment dès lors séparer ce qui relève d'une approche pragmatique, ou de valeurs sociétales plus identitaires, le profane du sacré en la matière ?

 La laïcité même est affaire de lien social et ne saurait totalement séparer les deux. Le mariage homosexuel, l'avortement, l'euthanasie sont à la limite, mais tout autant une vision strictement libérale de la société, ou une vision plus solidaire de la politique. Il y a là de quoi mener quelques "croisades" idéologiques.

 Il est toujours possible d'aborder ces sujets d'un point de vue purement pratique, mais l'idéologie soutend toujours peu ou prou l'argumentaire émotionnel quasi irrationnel de ces questions.

 Comment résoudre la quadrature du cercle dans cette optique ?

 Une sorte de "psychanalyse" du collectif d'un point de vue sociologique en retravaillant sans cesse les idéologies qui le traversent s'avère indispensable.

 Une question centrale demeure : Mais qui doit donc s'en charger ? Les média sont eux trop impliqués à la fois politiquement, que surtout financièrement par "audimat" interposé ; Où la tentation est forte de traiter les sujets par l'émotionnel irrationnel pour faire du chiffre. 

 Les politiques sont évidemment trop impliqués... mais pourraient néanmoins déléguer à une instance neutre, composée de chercheurs et techniciens reconnus de tous bords (psychanalystes, sociologues, philosophes, avec quota à déterminer) tant la neutralité est une pure vision de l'esprit en la matière.

 Cette instance indépendante devrait avoir l'assentiment de la plupart des politiques de par leur "technicité sociale". on peut imaginer que les grands partis se mettent d'accord sur la probité de la plupart de ces spécialistes, et que par ailleurs cette instance soit complétée par des personnalités plus engagées politiquement pour "animer" la contreverse. On peut même imaginer que ces spécialistes "engagés" soient élus par les citoyens... Car si les grands partis politiques peuvent choisir de concert des spécialistes à peu près neutres, ou du moins faire une cuisine interne (tant de spécialistes proches de tel courant , tant de tel ou tel autre), aussi bien il serait bon qu'une partie de ces derniers aient l'assentiment du peuple ; Ceci pour redresser un équilibre qui lui semblerait faussé dans le choix des élus, car tendant à évincer une partie de ses préoccupations profondes.

 Il y aurait sans doute des surprises. Sans doute, un certain nombre de "travailleurs" ne tiennent ainsi pas vraiment voir les marxistes arriver concrêtement au pouvoir "profane", mais verraient d'un bon oeil qu'ils aient plus de choses à dire sur les dérives du capitalisme. Idem de la part de "croyants" qui ne tiennent pas plus que ça à voir des religieux se préoccuper de la bonne marche de la société, mais aimeraient néanmoins que leur éthique religieuse ait une tribune politique sans pouvoir réel. Idem pour les rationnalistes, écologistes, etc..

 En somme il y aurait les politiques élus pour leur savoir faire concrêt d'un coté, et ceux qui le seraient pour travailler idéologiquement les grandes visions idéales, voir utopiques, qui animent la société.

 Reprécisons la mission de cette instance : Surement pas d'agir concrêtement au niveau politique dans laquelle elle n'exercerait aucun pouvoir concrêt. Sa mission ne serait juste que de revitaliser le débat sociétal en y apportant ses avis plus ou moins éclairés sur les idéologies qui le traversent : une sorte de conseil des sages * qui laisserait néanmoins le politique totalement libre de se passer de ses avis.

 L'intérêt présumé serait de l'investir des cotés idéologiques sociétaux irrationnels pour mieux les décrypter et les éclairer. De fait si des politiques investissent trop l'irrationnel, ce conseil des "sages" * pourrait le pointer en démontant les ressorts idéologiques par trop incertains.

Bref en endossant l'idéologie, quasi théologique dans sa sacralisation idéaliste, ça soulagerait la politique de sa théologie qui risquerait alors de se faire retoquer, et la ramènerait aux cotés plus terre à terre et profanes de la prise en charge sociale.

 *  Mais je serais tenté de dire aussi des "non-sages" dans l'iconoclastie espérée des modes de pensée dominants, car n'étant investis d'aucun pouvoir concrêt, ils n'auraient rien à prouver concrêtement, mais se devraient de pointer du doigt l'irrationnalité politique lorsqu'elle dérape.

 Bon, cet abord politique mérite un approfondissement à part > ICI < ou pas...

V perdu ? la carte aux trésors :. . . . . . . . . . . . . . . . . . . Râmen.

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