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Manifestation pour l'égalité : Samedi 15 Decembre 2012

Bon, je crois que la vidéo a tout dit, Pas la peine d'en rajouter.

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Visite à l'archevèché (Aix)

La veille de la manif, nous sommes allés nous ressourçer à Aix où une conférence était donnée par les cathos sur l'avenir du mariage.

Initialement la conférence avait été prévue à la Fac de Droit d'Aix. Ils ne doutent de rien, mais des esprits tordus ont fait valoir à l'administration qu'il ne convenait pas d'accueuillir des conférences confessionnelles dans un établissement laïc.

La conférence sera déplacée le jour même à l'archevéché donc, que de misères : Pourquoi tant de haine ?

Du fait nous arrivons en retard, la salle est comble et sommes aiguillés dans une salle où nous pouvons suivre en vidéo-conférence (plus question de poser des questions aux intervenants). Ceci dit , y a pas, on se sent bien chez les cathos bon teint, tirés à quatre épingles.

Le but étant de tâter l'argumentaire, ça va...

I. Sciences humaines

Bien entendu, ceci n'est à priori confessionnel qu'à la marge. On parle d'anthropologie, de psychologie de l'enfant, mais de théologie point. Que Dieu ai créé l'homme et la femme ainsi pour se reproduire, qu'il soit dit tu honoreras ton père et ta mère... Celà est totalement accessoire, voyons.

Alors anthropologie  et psychologie sont deux disciplines scientifiques récentes, et vu qu'ils ont mis 400 ans à officiellement admettre que Galillée avait raison, il leur reste bien 2-300 ans avant de comprendre ce que sont réellement ces deux disciplines... Enfin plus encore parce que les sciences humaines réclament deux fois plus de rigueur face aux préssupposés scientifiques (l'humain qui évalue faisant partie de l'objet d'étude en tant qu'humain). Je crois qu'ils n'ont toujours pas compris que la science ne sert pas à conforter une idéologie... Alors ce dernier concept scientifique s'annonce d'emblée fort difficile à assimiler pour eux.

Notons ici le glissement sémantique du terrain théologique au terrain scientifique. La démarche est exactement similaire au créationnisme. Il devient savonneux pour les croyants d'argumenter théologiquement leurs visées sociales. Ils empruntent donc le terrain pseudo scientifique. Pseudo parce que leur approche scientifique consiste toujours à essayer d'y touver des arguments favorables à leurs thèses, plutôt que de chercher la réelle nature des choses, fut-elle dérangeante à leurs préssupposés.

Pour ma part, je trouve qu'ils sont en train de perdre leur âme. En effet un des dix commendements précise bien que le mensonge est un péché. Or essayer de faire passer pour de la science leurs visées théologiques relève de la dissimulation, du mensonge. Alors ils serait convaincus de dire vrai, pas de mensonge donc. Sauf que pour pouvoir penser ainsi, il leur faut délibérément ignorer la rigueur scientifique pour ne sélectionner que les données qui les arrangent, un bon scientifique s'acharnant plutôt sur les aléas dérangeants sa théorie, car plus instructifs. Or ignorer les faits est pour eux aussi un mensonge par ommission, un péché mortel quoi !

Alors voilà toutes les contradictions du catholicisme focalisées ici. Bien des préceptes du christianisme sont plutôt bons : Ne pas mentir, ne pas tuer, aimer son prochain, etc.. Sauf qu'on voit bien ici que tout ça c'est de la facade pour prendre de l'emprise sur l'esprit des gens. Le catholicisme a cessé de tuer directement par croisades et inquisitions, mais continue par descrimination : est-ce bien aimer son prochain que de le desciminer, que de faire croire par des mensonges éhontés aux parents et professeurs que les enfants d'homosexuels auront forcément des difficultés psychologiques... alors même que des études démontrent exactement le contraire.

Ainsi la psy. de service dit que parmi les études menées, celles qui ne vont pas dans son sens sont douteuses d'un point de vue scientifique, car sélectionnant les données allant dans leur sens, et l'on doit supposer ici qu'elle ne prend pas son cas pour une généralité. Ca deviendrait presque risible lorsqu'elle affirme que les enfants d'hommosexuels ne risquent aucun retard intellectuel ou scolaire, et même pas de troubles du comportement, mais les études qu'elle a "sélectionnées", tendent à démontrer que la structuration psychique peut prendre des tours inhabituels. Rappelons que cela n'a aucune incidence comportementale et intellectuelle. Bref, ce qui est mesurable scientifiquement (comportement et intellect) n'est pas affecté, mais ce qui est de l'ordre d'une appréciation plus subjective (affectif et mode de structuration de l'appareil psychique) serait éventuellement affecté. On mesure ici l'objectivité de l'approche. Ah oui ! Mort de rire, elle écarte d'emblée les statistiques sur les familles monoparentales, ce qui préssuppose que les enfants d'hommosexuels s'en sortent bien mieux qu'eux à l'évidence, et que celà ne présente donc aucun intérêt... De la science, rien que de la science on vous dit...

Rappelons que pour se construire un enfant entre en symbiose avec son parent le plus proche (généralement la mère mais ça peut être l'inverse), et qu'il est bon qu'un autre adulte, ayant de l'importance pour le parent symbiotique, fasse tiers dans la relation pour couper le cordon ombilical, et amener l'enfant à s'ouvrir vers l'extérieur de cette relation (marchepied vers la socialisation). Et Oedipe alors ? Oedipe est un prototype métaphorique de la construction psychique, à ne surtout pas prendre systhématiquement au pied de la lettre donc. Dire que des enfants d'homosexuels ne pourront faire leur oedipe, c'est comme prétendre que les enfants aveugles ne passeront pas le "stade du miroir" : C'est de l'allégorique, pas du réel.

L'approche anthopo. ne vaut guère mieux. Le "papa-maman" (j'aime le coté très enfantin et fort scientifiquement neutre de l'appellation) est un modèle très contemporain : En général c'est la famille élargie, pour ne pas dire le clan, qui est en charge de l'éducation de l'enfant. C'est encore grandement le cas : la moitié du temps c'est la société qui est en charge de l'éducation de l'enfant (et les cathos le savent fort bien, qui ont investi massivement dans l'école privée, et y tient !), en Afrique et ailleurs, le père n'est bien souvent même pas en responsabilité de l'enfant. D'ailleurs les rites initiatiques de passage de l'enfance à l'age adulte sont du ressort exclusif de la collectivité. La famille restreinte au papa-maman n'est qu'un aléa de l'histoire parmis d'autres.

Bon, c'est un peu complexe tout ça... pour des gens qui viennent tout juste d'admettre (1986) que la terre tournait autour du soleil.

II. Le point de vue juridique.

Le plus allumé c'est le juriste (qui devrait-être le plus rigoureux à priori) : Le mariage est une institution (entendez c'est sacré), pas la reconnaissance d'un fait social marginal : c'est le droit qui dit ce qui est la norme, et ce n'est pas au droit d'entériner les faits sociaux, au contraire (si le chapardage existe couramment, il ne l'entérine pas pour autant). Bref, les gens ont droit de s'aimer, mais ce n'est pas au droit d'avaliser pour autant.

La civilisation a besoin de repères et c'est au droit de les donner.

Jusque là, ça tient encore vaguement, mais très vite on tombe dans le délire. Ooûuiiii (effets de manches et trémolos dans la voie) pourquoi ne donner le mariage qu'aux homossexuels parce qu'ils s'aiment, pourquoi pas aux frères et soeurs tant qu'on y est, et ouvrir à la polygamie. 

D'ailleurs pourquoi restreindre le mariage homo entre frères et entre soeurs ? ils ne risquent pas de procréer ensemble, donc (!) il n'y a pas inceste... (ndr : ça dénote bien de l'ignorance totale de la valeur psychologique et sociologique de l'inceste : on n'autorise pas le mariage entre frangins adoptés au sein d'une même famille, et plus encore entre enfants et parents adoptants-adoptés. Enfin, évidemment que l'homosexualité étant un désordre naturel pour eux, passé les bornes il n'y aurait plus de limite à la "turpitude"... On est dans l'amalgame habituel : pédé = pervers = pédophile = inceste = polygamie orgiaque. C'est fou ce que le catholicisme contient comme perversités refoulées : on accuse tartuffement et généralement l'autre de son propre refoulé)

Enfin le triste sire admet que juridiquement l'affaire est pliée, un recours en conseil constitutionnel n'a aucune chance d'aboutir, d'autant que la cour européenne pousse dans un sens anti discriminatoire. Leur seule chance consiste à faire reculer le gouvernement par intimidation, si possible en convertissant le maximmum de gens à leurs thèses.

III. La question politique :

On explore les pistes

  1. L'église n'étant plus d'accord avec la définition du mariage, elle pourrait rompre avec l'obligation de célébrer les mariages après le passage en mairie. Mais on sent que l'argument est brandi sans conviction. Car c'était une menace valable du temps de la splendeur de l'église, qui aurait pu alors faire valoir en justice la validité des liens sacrés célébrés par elle. Mais leur lente désagrégation ne reléguerait leur sacrement qu'à un simple concubinage, finalement bien moins consacré que le mariage civil. Ce qui est in-envisageable, le seul moyen de garder un semblant de force au mariage religieux est désormais de le coupler au mariage civil.
  2. La fronde des élus refusant de célébrer les mariages pour clause de conscience. Elle est possible, mais exposent les élus à des sanctions juridiques. Néanmoins ils peuvent déléguer leurs fonctions à un adjoint : Et les sanctions n'adviendraient que s'il y avait consensus général à la mairie, dont le maire serait tenu pour responsable (il n'a qu'à choisir un adjoint prêt à assumer cette fonction laïquement)

Là, confiné dans la salle audiovisuelle, je ne peux intervenir, mais je serais bien intervenu pour faire remarquer qu'agir ainsi ferait voller en éclat le concept laïc. Ainsi un maire musulman rigoriste pourrait aussi faire valoir sa clause de conscience sur des mariages musulmans non arrangés par les parents, et surtout contre les mariages de femmes avec des non musulmans... et pourquoi pas des maires FN refusant les mariages mixtes. En fait, ils menacent de faire sauter la laïcité, avec tous les aléas que celà suppose.

Néanmoins encore, il s'agit plus de menaces d'intimidation que réelles. D'abord parce qu'il n'est pas évident que les élus veuillent réellement jouer aux martyres... Ensuite la brèche ainsi ouverte à l'extrémisme islamique ou autre risque d'être assez mal vécue par les français, et les laïcs auraient alors beau jeu de pointer la responsabilité des catholiques dans ces dérives communautaristes.

Car il y a un jeu ambigu entre catholiques et musulmans : Chacun fait mine de s'allier avec l'autre dès qu'il s'agit de grignoter la laïcité, mais avec la ferme intention de retirer plus de marron du feu que le voisin. Dès qu'une manoeuvre risque de désavantager l'un, il retire aussitôt ses billes. Et là les cathos ont tout à perdre et les fondamentalistes tout à gagner.

 

Enfin il est toujours instructif d'aller voir les autres s'empêtrer dans leurs propres contradictions sans s'en rendre compte, parce que dans ce miroir inversé on peut aussi y voir nos propres dynamiques d'aveuglement inversées, et tenter de les regarder avec plus de lucidité . . .

 

RAmen