Il y a deux écoles de psycho-sociologie à l'heure actuelle.

I. La psycho-socio pure et dure aux prétentions scientifiques. 

 S'entend par là qu'elle espère avoir la pertinence des sciences de la matière dans la mise en place des protocoles scientifiques. Nous disons "espère" parce qu'elle ne peut s'attacher donc ce faisant qu'à des analyses très parcellaire du social, et que quelque soient les protocoles par ailleurs, ils n'éviterons jamais le fait que travaillant sur l'humain, en tant qu'humains ils ne seront jamais totalement extérieurs à l'objet de laur études.

 Ce faisant elle peut prétendre à une certaine pertinence dans des domaines tels que la manière d'amener l'acheteur potentiel à se décider à acheter, voir le décryptage comportemental : la personne dit-elle bien ce qu'elle prétend dire ou dit-elle autre chose en catimini.

 Ce faisant cette approche n'est que très parcellaire, et n'offre aucune perspective d'analyse globale d'un fait sociétal. Mais on lui doit au moins de n'avoir pas cette prétention par modestie et cohérence dans sa démarche.

II. L'autre approche se veut plus intuitive et plus globale.

 Certes elle n'aura jamais la pertinence des sciences de la matière, tant son domaine d'étude est trop complexe pour être modéliser en laboratoire... Une hérésie en soi.

 C'est une science du vivant qui se définit comme nécessairement non-neutre, car l'objet de son étude  englobe nécessairement son observateur qui ne peut donc jamais se définir en dehors du sujet étudié.

 Ce n'empèche que comme toute science du vivant, elle peut mettre des gardes fous relatifs au dérives qu'une telle dynamique suppose, et prétendre ainsi à une certaine pertinence.

 Prenons la psychanalyse, bien des scientifiques tenteront encore à la cantonner à une sorte de vision philosophique de la psyché humaine. N'empèche que si sa valeur thérapeutique, et l'analyse fine des comportements fait encore débat, sur le fond personne ne conteste plus l'existence de l'inconscient et son déterminisme dans la personnalité de chacun... Reste à déterminer la part relative qui lui incombe dans la-dite formation de la personnalité.

 Un autre abord est l'analyse neo-durkheimienne des faits sociaux, qui a conquis la sphère sociologique dans le même style de pertinence avec la même empreinte. A ceci près, que la psychanalyse est passée officiellement dans les moeurs alors que la sociologie néo-durkheimienne y est passée en catimini : On parlera de grand messe politique, de la messe du vingt heure, des dieux du stade, d'une idole de la chanson, d'une icône de la danse, un monstre sacré du cinéma, de la théologie du nazisme ou du communisme, comme s'il s'agissait de pures métaphores. Mais en fait il ne s'agit que d'analyses sociologiques passées dans le langage courant, mais sans que cela ait été conscientisé rationnellement.

 Nous abordons ces deux aspects parce qu'ils se sont finalement trouvés une charnière commune au point que l'une et l'autre s'éclairent mutuellement, et fondent ce qu'on peut nommer la psycho-sociologie (courant indissoluble à la précédente)

Comment donc ?

 Durkheim a démontré que l'individu en tant qu'entité fermée n'existait pas. Pour lui l'individu n'existe qu'en tant que partie d'un groupe humain. En sorte un individu ayant grandi hors communauté humaine n'est pas humain. Ce qu'atteste d'ailleurs les rares observations d'enfants sauvages ayant grandi parmis les animaux auxquels ils s'identifient. Les tentatives d'humanisation de ces enfants se sont surtout soldées par un dressage les faisant apparaître comme vaguement civilisés.

 Donc Durkheim démontra que l'être humain est un être grégaire qui n'existe qu'en tant que partie d'une communauté dont il adopte le totem. Le social n'est ainsi qu'une construction de nature religieuse ou un groupe humain se forme en adoptant un totem commun consacré religieusement ; Totem qui fonde le groupe et le perpétue au point que la communauté se délite si on en abat le totem. Sans Totem sacralisé point de communauté humaine.

 Durkheim avait déjà posé des jalons prouvant que cette nature, à priori purement religieuse, pouvait revêtir des aspects purement laïcs, et ses successeurs enfoncèrent le clou.

 Ceci dit, son analyse démontre que l'humain prête une âme collective au totem de son groupe, en adoptant cette âme collective pour lui même. Ainsi un individu du clan du kangourou se vivra-t-il comme habité par une âme de kangourou. De même un chrétien se vivra-t-il comme habité par une âme chrétienne, et un athée habité par un esprit rationnel.

 L'âme du groupe est l'âme de l'individu et réciproquement. A ceci près que l'individu interprète l'âme du groupe à sa façon en la déclinant donc de façon particulière (après tout chaque kangourou a sa propre personnalité).

 Pour Dukheim l'identité d'un groupe, son âme totémique, se définit par rapport aux valeurs attachées à son totem. Il est en sorte un spécialiste de l'âme collective, qui ne se définit d'ailleurs pas tant comme âme d'un clan totémique, que comme faisant partie d'un ensemble plus vaste incluant finalement les différents totem de la tribu, d'un tout cosmologique au total.

 Freud, dans son approche, est plutôt un spécialiste de l'âme individuelle. On lui fera aussi plutôt le reproche d'avoir trop calqué l'âme humaine sur un modèle occidental, même si sa cosmologie peut-être accommodée à d'autres cultures en adaptant certaines données. En somme, il aurait trop assimilé l'âme humaine au "groupement social" qu'il a précisément étudié.

 Mais ce n'est que justice, l'âme individuelle étant précisément déterminée par son groupe d'après Durkheim. Âme collective et individuelle ont donc bien des accointances, dont on ne peut constater que les rapports étroits. Étudier l'âme individuelle c'est étudier l'âme collective et réciproquement, les passerelles vont de soi.

 Prenons le complexe d'oedipe, éminemment personnel mais aussi très marqué culturellement comme prototype assez partagé parmi les individus. Mais aussi bien c'est un marqueur culturel moderne, et même très ancien. L'humain est un animal social qui transforme ses rapports à son environnement au fils des générations et adapte sa culture en fonction. La culture de l'arrière grand père a souvent peu de chose à voir avec la culture de l'arrière petit fils. Et comment dire ? la culture du père n'est plus adapté au monde du fils transformé entre temps, ce dernier doit donc tuer la culture du père pour adopter la sienne propre. En même temps le fils ne prend pas tant possession du monde du père, sa matrice terrestre, qu'une nouvelle terre dans un nouveau rapport à cette dernière transformée par l'usage. Ce n'est donc pas la même terre féconde qu'il "épouse" mais une nouvelle. Il y a donc bien meurtre symbolique de la culture paternelle, mais pour épouser une autre promise que celle du père. Oedipe quoi !

 Où l'on voit comment les deux approches, collective et individuelle, finissent par se rejoindre dans un même mouvement "analogique".

 Ce n'est certes pas scientifique au sens rigoureux de la physique de la matière, mais ça ressemble fortement à quelque chose qui s'apparente à la pertinence tant que faire se peut en la matière. Nous ne vous referons pas la démonstration dans son détail, mais vous pouvez toujours relire Freud et Durkheim ainsi que leurs successeurs , pour vérifier leur rigueur respectives de leurs démonstrations,  : C'est béton de chez béton. 

V perdu ? la carte aux trésors :. . . . . . . . . . . . . . . . . . . Râmen.

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