Ou plus précisément entre "ancien" et "nouveau" monde.

Suite aux guerres inter religieuses, l'Europe se découpe en zones d'influences religieuses mono confessionnelles issues de l'avènement du protestantisme face au catholicisme. Ces zones d'infuences sont aussi souvent la résultante de volontés des souverains de l'époque à vouloir s'affranchir ou non de la tutelle du Vatican.

Les pays où la bourgeoisie avait une certaine influence, qui voulait s'affranchir de la tutelle de la noblesse, adoubée par le pouvoir papal, optèrent généralement pour le protestantisme. Ce sont en général des pays qui évoluèrent vers une démocratie bourgeoise élitiste. Aussi les pays montagneux qui offraient aux protestants un refuge plus sûr dans les guerres inter religieuses, où la démocratie du peuple s'intaura plus naturellement.

Les pays du sud, qui étaient plus proche du Vatican géographiquement, restèrent sous son influence. Nonobstant ils étaient plus proche du monde islamique et avaient besoin d'une certaine unité face à son hégémonisme. Aussi la noblesse y était plus prégante, et voyait dans le catholicisme, qui l'adoubait, un bon moyen de conforter sa position dominante sur les populations.

Idéologiquement, le sud resta attaché à l'idée d'une structuration sociale où la vie matérielle et spirituelle était déterminée par le bon vouloir des élites de la noblesse monarchique et spirituelle. alors qu'au nord elle se fonda sur la libre interprétation personnelle de ce que devait être la vie spirituelle et matérielle donc.

L'essort du capitalisme y fut pour beaucoup : Le Vatican condamnait le commerce des usuriers, prototype des banques d'affaires. les bourgeois préféraient donc le protestantisme qui lui offrait de meilleures perspectives de développement.

L'Angleterre fut un cas particulier où le monarque s'affranchit du Vatican en instaurant une sorte de catholicisme d'état. Néanmoins la bourgeoisie finit par y imposer son pouvoir au monarque.

La Russie tsariste avait aussi son particularisme orthodoxe, ou le tsar régnait sur les contingences matérielles comme l'église régnait sur la vie spirituelle, une sorte de laïcité monarchique. Napoléon, issu de la révolution française récupérera le concept en prenant sa couronne d'empereur des mains du Pape, venu (convoqué) le sacrer empereur, pour poser lui-même sa coronne sur sa tête : Il signifia ainsi que son couronnement n'était pas une inféodassion au pouvoir papal.

Historiquement les états Unis d'Amérique furent aussi une terre refuge pour tous les persécutés des guerres de religions. Beaucoup d'européens migrèrent en Europe vers des terres où leur confession y était grandement majoritaire. Mais idéologiquement les Etats Unis leur correspondait mieux : une nouvelle terre pour une nouvelle religion. Aussi de nombreuses religions minoritaires n'avaient pas de terre d'accueil identifiée en Europe. De fait l'amérique est un pays théiste.

La laîcité entre "ancien" et "nouveau" monde

Les précurseurs : France et Etats Unis

la France n'est pas un pays théiste, mais rationaliste par essence... Il serait inconcevable que le chef de l'état lance une guerre en Irak, ou ailleurs, sous la banière de Dieu comme Bush par exemple. La laïcité française inclut non seulement les religions mais aussi les courants philosophiques tel que l'athéisme. Et l'état ne doit pas s'immisser dans les affaires religieuses, sauf si elle trouble l'ordre public, et la religion dans les affaires de l'état.

De fait les athées et leur pensée ont droit de cité, et y sont très infuents (34% de la population) : Ils parlent d'égal à égal avec les religieux. Le rapport n'est plus depuis longtemps de dominant à dominé, le temps aidant le débat y est plus serein, quoi que nécessairement tendu. C'est la laïcité à la française. Voir même les religieux ont tendance à y considérer la laïcité comme trop favorable aux libre-penseurs à leur détriment, bien qu'elle leur garantisse leur liberté de culte.

Aussi une nuance, le sécularisme américain date de l'indépendance, L'anglicanisme reconnaissait le roi d'angleterre comme chef de l'église. L'indépendance a rompu tout lien entre l'église officielle et le pouvoir politique en le garantissant, attirant ainsi tous les religieux persécutés d'europe et d'ailleurs. C'est une société pluri religieuse ou la religion n'est pas vécue comme source de pouvoir, mais comme source d'émancipation par rapport au "vieux monde".

En France la révolution tenta bien d'instaurer une monarchie constitutionnelle, indépendante de l'église, mais le monarque tenta de fuir à l'étranger pour mieux récupérer le pouvoir par la force avec l'appui des autres monarques européens. De fait, l'Eglise catholique a toujours prétendu avoir à adouber des monarques catholiques sous son autorité, qui tenaient leur légitimité de Dieu donc. Ils suffisait aux américains de s'affranchir de la couronne britanique pour être indépendants, Mais les français avaient du mal à s'affranchir de leur monarque qui ne l'entendait pas de cette oreille, et aussi donc de l'Eglise catholique de même.

La religion (essentiellement catholique) y est donc vécue comme  une menace d'asservissement, et non de liberté.

Notons au passage, une nuance théologique importante dans la piraterie : Dans les Mers éloignées des états colonisateurs, il y avait suffisamment d'iles hors controle pour que la piraterie s'épanouisse librement, mais en Europe aucun port ne pu leur offrir de refuge sûr. Aussi les pirates s'y firent corsaires en concluant des accords avec les états en guerre permanente entre eux. Le deal était que ces états leur offraient la sécurité d'un port d'attache tant qu'ils n'attaquaient que des navires ennemis, moyennant une ristourne sur leurs forfaits. Les plus malins transvasaient une part de leur butin sur de petites embarcations au large pour prétendre n'avoir pas fait de gros butins lors de leur sortie, et minorer ainsi leur dîme à l'état protecteur.

Aux Etats Unis lorsqu'un prêcheur pirate harangue les foules, on se dit "C'est beau la liberté de croire en ce qu'on veut", en France ce serait plutôt "Dans quelle carcan il veut m'asservir celui-là" (sûrement en cheville avec l'état).

Donc nuance théologique, pour nous la religion est mauvaise à priori, non pas en terme de croyance en Dieu en soi, non, mais en tant qu'institution capable de se compromettre avec le pouvoir politique pour mieux nous asservir. Ainsi le théisme agnostisme n'est-il pas vécu comme menaçant : Ce théiste n'abondant pas dans une religion "officielle", et surtout à aucun dogme précis dont il doute à priori, ne risque pas de se rapprocher du pouvoir politique pour imposer ses vues dont il doute lui-même, mais à la limite pour se garantir simplement sa liberté, et donc celle de son voisin. Ce qui convient assez bien à la plupart des athées qui ne demandent qu'une chose, c'est qu'on ne leur impose pas des règles de vie et des politiques héritées de la pensée religieuse. Après  à chacun de s'imposer à lui-même les rêgles religieuses , ou pas, qui lui conviennent.

Ce qui n'empêche pas le débat d'ailleurs : On tentera parfois de convaincre le croyant qu'il n'ira pas en enfer s'il déroge à ses préceptes, comme on tentera de convaincre le superstitieux qu'il ne craint rien à croiser le chemin d'un chat noir, mais sans plus, avec parfois, il est vrai, une pointe de pitié pour celui qui insulte la piraterie.

La défiance envers les religions est donc plus marquée dans les pays historiquement catholiques que protestants, non tant donc vis à vis des croyances religieuses en soi, que vis à vis des organisations religieuses qui les chapeautent en exerçant leurs lobbying machiavéliques donc.

Nota Bene : le catholicisme n'est pas un handicap comme religion majoritaire dans la laïcité. Certes son lobbying y est très puissant en France se divisant entre 29% de catholiques et 34% d'athées (+30% d'agnostiques), mais au moins la pression religieuse n'y est pas dispersée : l'interlocuteur y est clairement identifié. Ainsi lorsque le Pape prend une position intégriste tout le monde lui tombe dessus, y compris de nombreux catholiques qui ne s'y reconnaissent pas, et abonde alors dans la laïcité. De même dans de nombreux pays plus majoritairement catholiques la laïcité permet aux croyants de prendre leurs distances avec les dogmes religieux.

En pays protestant et plus spécialement aux États Unis les interlocuteurs sont plus diffus, et donc les rapports entre politique et religions. Le sécularisme s'y défend en tant que valeur intrinsèque, et non pas en tant qu'opposition à une conception de la vie publique clairement identifiée religieusement.




La laïcité a fini par s'imposer en Europe par le développement du capitalisme, où la foi aux rationalismes financier et surtout scientifique a pris le dessus sur les croyances théistes, reléguées alors au second plan. Ce faisant, le protestatisme nordique et la laïcité à la française ont fini par s'y rapprocher dans le dévelloppement de l'athéisme et de l'agnosticisme.

V perdu ? la carte aux trésors :                                                   Ramen
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humour .