Introduction

Si vous voulez entrer dirrectement dans le vif du sujet libre de cliquez ici... ou pas

Avant de parler de sociologie, je parlerai de sciences et des intuitions géniales qui ont présidées à leur avènement.

I. La science mathématique

Galilée a démontré que la terre n'était pas le centre de l'univers, mais son génie n'est que très relatif, il a simplement mis en rapport ses observations dues à son invention de la lunette astronomique avec les équations de la géométrie spatiale. Fallait le faire quand même, et un minimum d'intuition lui fut nécessaire. Mais son système ne fut que descriptif.

Mais son génie repose sur un autre domaine. Il dit que Dieu parla aux humains par le truchement des prophètes, que leurs disciples ont retranscrit dans ce qu'on appela les livres de Dieu. Notons au passage que Allah ne parla pas à Mahomet, mais confia cette tache à l'archange Gabriel ; Mahomet, illettré, n'écrivit pas le Coran, ce furent des disciples triés sur le volet (évinçant les autres, notamment deux des plus érudits Ali et Al Massoud) qui en furent chargés par le 1er Calife en corroborant leurs souvenirs ; Idem pour les évangiles dont il traînaient 30 versions au 4ème siècle avant que la papauté en sélectione 4. Bref, ces écrits ne sont pas les livres de Dieu lui-même, mais les écrits de l'homme qui a entendu l'homme qui a vu l'homme qui a vu l'ours...

Galilée oppose ces écrits finalement humains, à l'oeuvre de Dieu lui-même : Sa création qu'est la nature qui peut se lire comme un livre pour qui se donne la peine de le décrypter. Il fonde en cela la science par l'étude des lois divines qui régissent l'univers. Qui amènera le rationalisme scientifique qui irait jusqu'à insinuer que Dieu "n'est que" ces lois mécaniques impersonnelles en elles même : Dieu ne serait autre que la nature des choses en elles même. Galilée fut plus banni pour avoir opposé les textes divins au livre de Dieu lui-même qu'est la nature, que pour avoir dit que la terre (et l'humain) n'était pas le centre de l'univers (quoi que aussi).

Notons au passage que Galilée était croyant.

Newton, lui, franchit un pas supplémentaire en déduisant, par des équations mathématiques, la natures de forces en présence qui expliquent le phénomène précédemment décrit. Ce qui préside à la marche de l'univers ne sont donc plus tant des forces divines, que des forces mathématiquement mécaniques, finalement sans grand mystère après tout. Voilà pour la mécanique "céleste". Dieu en tombe des nues.

Notons que Newton était croyant.

Là, il y a une part de génie supplémentaire dans l'intuition, mais qui reste subordonnée à la bataille entre le réel et les mathématiques. Tout de même son intuition est partie de la question de savoir pourquoi la pomme qui lui était tombée sur la tête n'était pas tombée à coté, une rigolade ! Tout le monde savait pertinamment à l'époque que c'était la Volonté Divine du Monstre qui s'exprimait alors...

 Einstein... le pur génie, lui, se posa la question de savoir comment mettre toutes les horloges suisses à la même heure simultanément (on ne badine pas avec la précision horlogère suisse !). Comment faire simultanément alors qu'on pense ne pas pouvoir allez plus vite que la lumière d'une horloge à l'autre ?...

S'en suivit une suite dialectique d'intuitions, de formules mathématiques, confrontées à la réalité des faits.

Là je définis le génie intuitif. Ça relève un peu de l'autisme. Certains autistes sont capables de calculer la racine carrée d'un nombre à 16 chiffres de tête et en un temps record qui défie les capacités intellectuelles d'un humain même surdoué. Comment ces autistes qui le peuvent expliquent-ils leur méthode ? Et bien ils commence à calculer par approximations successives, mais les chiffres finissent par se bousculer dans le désordre dans leur tête, et tout à coup la solution leur "apparaît" comme une évidence : Une quasi révélation divine quoi ! J'ai connu un autre autiste qui était capable d'improviser un chant d'onomatopées d'une beauté incroyable sur n'importe quelle improvisation d'un pianiste (ou autre), de même la note juste surgissait de son esprit comme par enchantement disait-il.

On subodore donc qu'ils initient consciemment un processus de recherche, mais que ce processus finit par échapper à leur conscience tout en se poursuivant (plus rapidement) dans leur subconscient, une fois que celui-ci a trouvé la solution, il l'a renvoie dans la conscience du sujet comme une révélation.

Le génie procède de la même démarche (Einstein n'a parlé qu'à 5 ans). La difficulté du génie consiste à reconstruire cette intuition en terme de conceptualisation rationnelle. Et là on peut parler de génie plutôt que d'autisme.

Notons qu'Einstein disait que ses "révélations" étaient dans l'air du temps, elles "flottaient" dans son environnement culturelle sans que personne n'arrive à les formaliser. Idem pour Galilée, Kopernik avait déjà formalisé ses découvertes avant, les grands esprits se rencontrent dit-on. Le génie ne fait que formaliser l'intuition de la communauté toute entière finalement. L'autiste de même ne fait que répondre à une sollicitation de la communauté sur un "problème" que celle-ci lui soumet.

Les prophètes sont des sortes de génie qui conceptualisent, tant bien que mal, les révélations que le Monstre en Spaghetti Volant soumettrait à l'air du temps de la communauté à un moment donné.

Mais quand aux sciences mathématiques, on dira tout de même que le génie est aidé, dans sa confrontation au réel, par les modèles mathématiques qui lui servent de support à la formalisation de ses intuitions, alors aisément modélisables et vérifiables

II. Les sciences du vivant et humaines :

Ici les modèles mathématiques ne sont plus d'aucun secours quant à la formalisation des théories. Les modèles sont trop complexes pour être "mathématisés". Une science se trouve à la limite de ces deux types de sciences : La météorologie. Les modèles mathématiques sont appelés à la rescousse, mais le nombres de paramètres en cause sont trop nombreux pour être tous intégrés dans les modèles mathématiques. C'est l'effet papillon : pour pouvoir prédire à coup sur un orage à Bornéo six mois à l'avance il faudrait faire rentrer dans le modèle tous les paramètres de l'ordre d'un battement d'aile de papillon à New-york dans ce modèle. On y arrivera peut-être un jour, mais pour l'instant c'est de l'ordre de l'impossible.

Quant aux sciences humaines et du vivant c'est encore plus complexe, on y songe même pas (même en rêve !).

Les modèles et leur démonstrations se doivent donc d'en être que plus rigoureux, et ardus. Et aucune vérification empirique n'y est totalement neutre.

a. La neutralité n'existe pas dans ces sciences.

 L'anthropologue doit par exemple observer son objet d'étude de suffisamment près, se mêler aux autochtones, pour comprendre de l'intérieur leurs fonctionnements collectifs. Ce faisant il doit réviser entièrement ses propres à priori sur la question au faire et à mesure de l'étude. En ce sens, le milieu qu'il étudie révolutionne la conception qu'il se fait de sa science. Cela va jusqu'à révolutionner la place que cette science a dans sa propre culture, qu'il tend à transformer aussi en y révélant ses conclusions, qui peuvent s'appliquer à cette culture "supérieure" qui a commandité cette étude.

 Aussi, évidemment son implication sur le terrain transforme l'organisation de l'objet de sa recherche en y incorporant un élément (lui-même) exogène qui va modifier la perception des indigènes sur eux même par ce regard exogène, comme de se regarder dans un miroir qui ne serait pas le leur au départ.

 L'anthropologie ne peut donc savoir à l'avance si elle travaille à la conservation de l'objet de son étude, ou à sa destruction ; Et plus, si elle travaille à l'approfondissement de sa science et de la société qui l'a fait naître, ou à sa destruction ? c.a.d. telle qu'elle ne soit plus à terme la même qu'au début de l'étude. Et il en va de même pour toutes ces sciences.

Ainsi la psychanalyse a révolutionné l'idée que la société se faisait de l'éducation des enfants, telle que cette dernière change la problématique des complexes psychologiques issus de cette nouvelle conception. On a vu maints enfants de psychanalystes (et autres "adeptes") devoir entrer en psychanalyse eux même pour résoudre ces nouveaux types de complexes (la méthode reste valable même face aux ploblématiques qu'elle a engendrée indirectement, mais la modélisation de ces nouveaux complexes y ouvrent de nouveaux champs). Ainsi, si l'ancienne éducation ne tenait pas assez compte de la nature psychique humaine et de sa construction, en taillant son chemin à la machette, la nouvelle conception a eu tendance à placer l'enfant au centre du dispositif éducatif, ne lui laissant plus d'accès à une compréhension d'un monde étranger où il doit trouver sa place, puisque sa place était désormais d'être le centre du monde en matière d'éducation. Il n'avait plus à chercher à s'adapter au monde extérieur, puisque son monde extérieur s'adaptait à lui...

Ceci dit ce n'est tant la psychanalyse qui a transformé l'éducation des enfants, que les conclusions hatives que des pédagogues ont tiré de ces études. N'oublions pas que Freud avait eu à traité un enfant d'un célèbre pédagogue autrichien, et avait su mettre en évidence les ravages d'une éducation pédagogique dogmatique contre laquelle il avait mis en garde les pédagogues en herbe : "Il y a trois métiers impossibles : dirigeant, pédagogue, et psychanalyste" disait-il avec une certaine acuité.

En parlant de dirigeants, l'échec communiste rentre encore plus dans ce schémas. Les études de Marx étaient des plus pertinentes sociologiquement parlant. Mais les communistes se sont mis en tête de révolutionner la conception de la gouvernance en fonction de ces études, à la manière des sus-dits pédagogues à l'emporte pièce. Ceci dit Marx les en avait invité lui même, et était en ce sens moins perspicace que Freud sur la question de la non-neutralité du chercheur en sciences humaine sur l'objet de son étude. Les communistes ont donc négligé de poursuivre l'analyse marxiste (on dit marxienne pour éviter la confusion d'ailleurs) de leur propre implication dans les rapports sociaux. De fait, ils ont monté un système féodal bien plus en recul socialement que le capitalisme dont ils dénonçaient les travers.

Ceci parce qu'ils se sont placés d'emblée en dehors de leur propre champ d'analyse, se vivant comme porté par une science sociale qu'ils estimaient neutre et indépendante de l'objet de son étude. Grave erreur... A méditer plutôt trois fois qu'une.

Ce qui n'invalide pas totalement l'analyse marxiste du social, si on fait comme les marxiens qui considèrent leur science comme non neutre socialement, devant analyser leur propres inflectlions dans l'objet qu'ils étudient et ne pas s'exonerer d'une analyse de leur propre implication dans cette inflection, à l'inverse des marxistes.

N.B. : La météo répond à cette définition. Les analyses météo sur les changements climatiques influent sur l'objet de leur recherches en produisant une intervention humaine à leur parution.

Aussi les sciences mathématiques ont découvert que, dans certains domaines de pointe, la façon d'observer certains phénomènes influait sur les résultats de ces observations. La science dans son entier se considère désormais comme non neutre intrinsèquement par rapport à l'objet de ses recherches. Où les sciences du vivant ont à apprendre aux sciences mathématiques et réciproquement maintenant.

b. les génies du vivant :

Champolion est un linguiste surdoué qui décrypta les hiéroglyphes égyptiens, mais son apport à la désacralisation de la connaissance religieuse fut d'abord de calculer l'age de la terre en additionant (avant l'age de dix ans !) les ages des personages de la bible (histoire linéaire et continue) depuis la création du monde par Dieu, puis en démontrant de même que la civilisation égyptienne était antérieure à l'age biblique de cette création du monde. Argh !

Darwin l'imposteur (je plaisante), a achevé la désacralisation de la connaissance religieuse.

N.B. : Darwin était croyant a tel point qu'il commença par entrer au séminaire avant de prendre une autre voie.

Son coup de génie est d'avoir démontré que les espèces animales et l'humain n'avaient pas été créés tel que, mais résultaient d'une sélection naturelle, et surtout d'une adaptation progressive des organismes à leurs milieux naturels, ces espèces se diversifiant par un isolement des espèces dans des environnements différents.

Darwin comme tous ces chercheurs précoces ignorait certains facteurs d'analyse non disponibles à son époque, Sa théorie reste néanmoins valable, Oh combien ! Mais c'est vrai qu'il ne put prendre en compte des facteurs comme la transmissions de gênes d'une espèce à l'autre par les bactéries, et surtout l'importance des cataclysmes dans la disparition brutales d'espèces parfaitement adaptées à un environnement pré et post cataclysmique. de même que l'évolution rapide d'autres espèces dues aux conditions cataclysmiques (mutations génétiques dues à la radioactivité inhérente à la chute de météorites géantes par ex.) et à la place laissée vacante par les espèces disparues alors. L'évolution n'est donc pas aussi progressive qu'il l'imaginait, mais procède aussi par bonds.

Dieu_singeMais pour le reste rien à redire. l'humain descend donc bien d'un ancètre commun avec les singes, les musaraignes, et les poissons. Nonobstant Lucy était bien une midget, et Dieu créa bien la Femme à son image : la preuve >>>

 Marx : Plutot besogneux que génie, plus visionnaire que scientifique, quoi que son travail soit remarquable en sociologie. Sa grande erreur fut sans doute de placer les rapports sociaux comme consécutifs à la mainmise des puissants sur les faibles, quoi qu'assez juste dans certains domaines des sociétés complexes tout de même. Alors que les études sur les peuplades primitives semblent indiquer plutôt que la hiérarchisation d'une société tient plus à une sacralisation totémique des chefs par la communauté qui en a besoin pour se former autour de cette totémisation. Bon Voir Durkheim ensuite.

De même la religion n'est pas l'opium du peuple servie par les classes dirigeantes pour l'asservir. C'est un besoin social de la communauté, seulement instrumentalisé par la suite par les dirigeants pour consolider leurs positions... Nuance. Et là encore la définition de religion n'est pas pertinente (voir Durkheim plus bas encore).

Argh ! Freud : Génial, forcément génial, il a tué Dieu (le Père... je plaisante, quoi que ?). Son apport essentiel est d'avoir décrypté l'âme humaine. Une âme perdue n'etait plus désormais la proie du malin, de même une âme droite put apparaître aussi comme "sacrément" tordue parfois.

Grace à lui, les mouvements de l'âme n'étaient plus la résultante du combat entre le démon et le saint esprit en chacun, mais une suite logique découlant des refoulements de traumatismes enfantins dans la nécessairement difficile construction psychique de chacun.

Le moteur des actes n'était plus tant volontaire, mais inconscient : La volonté se décrivant alors comme une rationalisation intellectuelle de cet inconscient qui échappe à cette volonté, qui au contraire est elle-même inféodée à cet inconscient.

Suite de Pastafarisme et sociologie > ICI <

V perdu ? la carte aux trésors :. . . . . . . . . . . . . . . . . . . Râmen.

carte4